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Myanmar: Myanmar: Civilians displaced by fighting in Kachin/Shan 2017-18 (as of 10 Dec 2018)

Fri, 14 Dec 2018 05:52:36 +0000

Source: UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
Country: Myanmar

Civilians continue to be severely affected by ongoing armed conflict in Kachin and Shan states. This includes over 74,500 people who were temporarily displaced by conflict in 29 townships between January 2017 and 10 December 2018. In most cases this was short term displacement, with people returning to their places of origin within weeks or months. The UN estimates that there are now about 106,000 displaced people in camps and settlements in Kachin and northern Shan as a result of the armed conflict that resumed in 2011. Displaced people often have difficulty getting the humanitarian protection and assistance they need due to insecurity and restricted humanitarian access.

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Myanmar: Myanmar: Temporary Displacement in northern Shan State (1 Oct to 10 Dec 2018)

Fri, 14 Dec 2018 05:30:12 +0000

Source: UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
Country: Myanmar

In addition to the 9,247 people displaced in camps in northern Shan, almost 6,000 people have been forced to temporarily flee their homes due to violent conflict in the past three months.
Temporary displacement can last from a few days to several weeks. While most of the 6,000 have since returned home, many had been displaced multiple times, increasing psychological trauma, especially for elderly people and disrupting livelihoods and education. Landmines, constraints on access, gender-based violence and human rights abuses by parties to the conflict remain serious concerns.

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Iraq: Denmark increases its support for explosive threat mitigation in liberated areas of Iraq [EN/AR]

Fri, 14 Dec 2018 05:10:22 +0000

Source: UN Mine Action Service
Country: Denmark, Iraq

Baghdad, 14 December 2018 – The United Nations Mine Action Service (UNMAS) in Iraqwelcomes an additional contribution of DKK 19.5 million (approximately USD 3 million) fromthe Government of Denmark to mitigate the threat posed by explosive hazards and enablestabilization efforts in liberated areas of Iraq. The support was announced today by visiting DanishMinister for Foreign Affairs Mr. Anders Samuelsen.

“We are painfully aware that the return of internally displaced persons to some kind of normallife is not possible as long as explosive hazards threaten their life and safety. That is why UNMAS’work remains so critical”, the Danish Minister for Foreign Affairs said. [He appreciated the closecooperation between the Directorate of Mine Action (DMA) under the Ministry of Health andEnvironment and UNMAS].

The presence of explosive hazards, including improvised explosive devices (IEDs) in areasliberated from the Islamic State in Iraq and the Levant (ISIL), will continue to impede security andstability efforts if not appropriately addressed. UNMAS Iraq is working closely with the UnitedNations system and the Government of Iraq to enable humanitarian and stabilization efforts.

This additional contribution from the Government of Denmark brings the total Danish support forUNMAS’ work in Iraq to USD 14 million. UNMAS’ explosive hazard management activitiescreate conditions for sustainable return of displaced people. In addition, it contributes to improvingcoordination, engagement and capacity enhancement of relevant authorities, threat impactassessments as well as clearance and risk education initiatives. This reduces the risk of explosivehazards in direct support of humanitarian and stabilization planning and delivery, while at the sametime increase national capacities to manage the overall threat of newly identified explosivehazards.

“1.8 million persons are still displaced and explosive hazards is one of the main reasons andconcerns cited by internally displaced persons for not going home” said Mr. Pehr Lodhammar,UNMAS Iraq Senior Programme Manager. “Denmark is a crucial partner for supportingexplosive hazard management activities and enabling the safe, orderly and dignified return ofdisplaced communities.”

Contact
Pehr Lodhammar, UNMAS Iraq Programme, Senior Programme Manager lodhammar@un.org
Jan Pirouz Poulsen, Snr. Stabilisation Advisor, Danish Ministry of Foreign Affairs janpou@um.dk

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Mali: 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre : tout le Mali dit "NON"

Fri, 14 Dec 2018 04:59:11 +0000

Source: UN Multidimensional Integrated Stabilization Mission in Mali
Country: Mali

Du 25 novembre au 10 décembre 2018, le Mali a commémoré les 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre. Cette campagne débute le 25 novembre de chaque année par la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles, et se termine le 10 décembre avec la Journée internationale des droits de l’Homme.

Les origines de la campagne et le sacrifice des sœurs Mirabal

L’origine de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles remonte à 1960, lorsqu’en République Dominicaine les sœurs Mirabal, furent brutalement assassinées par le pouvoir du dictateur Rafael Trujillo, alors qu’elles militaient pour le droit des femmes dans leur pays. Elles devinrent alors des martyres, les symboles du combat pour éradiquer le fléau de la violence à l’égard des femmes et des filles à travers le monde.

Proclamée journée mondiale en 1999 par l’Assemblée Générale des Nations, le 25 novembre est célébré chaque année pour sensibiliser le monde sur les violences faites aux femmes et aux filles et interpeller ainsi les citoyens et les gouvernements afin qu’ils s’engagent pleinement à mettre un terme à toutes ces formes de violences.

2018 sous le signe de l’écoute et du soutien aux victimes…

Le thème national de cette année "Orangez-le monde : Tous unis à l’écoute des femmes et des filles survivantes de violences" et le thème international "HearMeToo", ont tous deux mis l’accent sur la nécessité d’écouter et de soutenir les victimes de violences sexuelles. Le second faisant notamment référence à l’ère qui a suivi les accusations d’agressions sexuelles portées contre Harvey Weistein et qui avait entraîné la création de mouvements mondiaux de protestation résumé par l’hashtag « metoo ». Cela avait permis de libérer la parole sur ce sujet tabou de la société que sont les violences sexuelles.

Dans ce contexte et conformément à son mandat, le Bureau de la Conseillère principale de la MINUSMA, en partenariat avec la Division des Droits de l’homme et de la protection, a formé 45 preneurs de dépositions de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation. Le Bureau de la Protection des femmes a également formé 40 points focaux des Forces de défense et de sécurité du Mali (FDSM) sur l’accueil et l’orientation des victimes de violences sexuelles. Objectif de ces deux activités : la spécificité des violences basées sur le genre et les approches adéquates à adopter dans la prévention, la lutte et la réponse à apporter.

La MINUSMA aux côtés de la société civile et des autorités du Mali dans la lutte

Au Mali, c’est le Ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille qui coordonne chaque année les activités menées à travers le pays durant la campagne des 16 jours d’activisme. Cette année, le lancement officiel de la campagne a eu lieu le 27 novembre au centre Awa Keita, en présence de la Ministre, le Dr Diakité Aissata Traoré.

La MINUSMA, en appui à la société civile, a animé plusieurs sessions de sensibilisation, notamment dans plusieurs établissements d’enseignement secondaire et supérieur (lycées et instituts universitaires) mais aussi à l’Ecole Fondamentale de Daoudabougou. Ces interventions ont offert aux élèves et étudiants une plateforme d’échanges avec des professionnels du secteur, sur ces faits de société auxquels ils doivent faire face au quotidien.

Les bureaux régionaux des Droits de l’Homme de la MINUSMA, à Kidal, Tombouctou, Gao, Mopti et Ménaka, ont quant à eux donné la parole aux femmes et associations de victimes. À Gao, la Directrice Régionale de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille a ainsi déclaré que cette campagne « constitue une immense opportunité pour les communautés et les décideurs de se mettre à l’écoute des femmes et filles survivantes, de comprendre les souffrances qu’elles vivent et de poser des actes concrets en vue de mettre fin à leurs souffrances ».

A Kidal, une session d’échanges avec les femmes de la ville, sur les difficultés rencontrées au quotidien, a été initiée. Par ailleurs, les Casques bleus et la Division des Droits de l’Homme ont organisé une marche pour soutenir les victimes dans cette lutte. Dans la région de Tombouctou, où la MINUSMA a choisi cette année de délocaliser le lancement officiel à Goundam, Mme Touré Mariam Bouri, Directrice locale de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille a rappelé : « Les engagements du Mali par la ratification des textes internationaux relatifs à la promotion et la protection des femmes et des filles, ainsi que la nécessité de traduire ces textes en actes, en donnant les moyens matériels aux services techniques de protection et de promotion des femmes de les mettre en œuvre ».

Les violences basées sur le genre : l’ampleur du problème au Mali…

Au Mali, les statistiques sur les violences basées sur le genre sont d’une grande préoccupation. A titre d’exemple, le taux d’excision chez les femmes de 15-49 ans est de 91% (UNFPA). De plus, la crise de 2012 a entraîné une augmentation inquiétante des violences perpétrées contre des femmes et des filles à travers le pays. Mariages forcés et/ou précoces, dénis de ressources, ou encore mutilations génitales, pour ne citer que celles-là, ont sérieusement augmenté.

Dans sa déclaration à l’occasion de la journée internationale contre les violences faites aux femmes et aux filles, le Secrétaire Général des Nations Unies a appelé à plus d’engagement de la part de chacun dans la lutte contre ce fléau qui gangrène les sociétés (lien vers le message).

A l’heure actuelle, le Mali, contrairement à plusieurs de ses voisins de la CEDEAO, ne possède pas de législation punissant les violences basées sur le genre. Depuis janvier 2017, la MINUSMA aux côtés de ses partenaires a participé à la rédaction de l’avant-projet de loi qui a été transmis au ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille ainsi qu’au ministère de la Justice. Ce texte est en attente de validation par le gouvernement, après transfert à l’Assemblée Nationale pour débat, en vue de son adoption. L’adoption d’une loi réprimant les violences basées sur le genre au Mali n’est désormais plus très loin.

Fidèle à son mandat, la MINUSMA, à travers la campagne des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, a su montrer son soutien au Gouvernement et encourager la société civile dans cette lutte dont l’importance est capitale.

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Niger: L’escalade de la violence fait fuir les agriculteurs et les éleveurs au Niger

Fri, 14 Dec 2018 04:48:10 +0000

Source: UN High Commissioner for Refugees
Country: Burkina Faso, Mali, Niger, Nigeria

Forcés d’abandonner leurs maisons, leurs fermes et leur bétail, plus de 50 000 personnes ont été déplacées par l’insécurité dans les régions frontalières de l’ouest du Niger.

TILLABERI, Niger - Lorsque des militants ont attaqué son village dans l’ouest du Niger, la vie paisible d’Al-Bashir Gamo Gamo auprès de son bétail s’est arrêtée net.

« Ils ont enlevé cinq personnes de mon village, retrouvées mortes peu après », dit-il, expliquant comment les groupes armés ont menacé de mort les membres du village s’ils ne partaient pas dans les 12 heures.

Contraint de fuir vers la ville d’Inates, dans la région de Tillaberi à l’ouest du Niger, Al-Bashir se demande comment il va pouvoir subvenir aux besoins de sa famille car il ne peut plus faire son métier : élever ses animaux et cultiver la terre.

« On a tous peur de dormir la nuit, de se déplacer à pied ou de cultiver nos champs », dit-il. « Pour s’occuper du bétail, on doit aller dans la brousse, où ils peuvent nous attaquer. »

Le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, est vivement préoccupé par la persistance de la violence dans les zones frontalières du Niger jouxtant le Mali et le Burkina Faso, qui a forcé 52 000 Nigériens à fuir leurs foyers au cours de cette seule année.

Les incursions transfrontalières et les attaques de groupes militants dans les zones frontières de Tillaberi et Tahoua au Niger ont contraint un grand nombre de personnes à fuir vers des villes et des villages voisins en quête de sécurité.

La situation extrêmement instable a non seulement provoqué de nouveaux déplacements, mais affecte également 53 000 réfugiés maliens vivant dans la région, que certains envisagent de fuir vers le nord pour rejoindre d’autres pays.

Les déplacés font état d’effroyables violences. Des groupes armés attaqueraient les villages, tuant et enlevant des civils, br슩lant les écoles et pillant les maisons, les entreprises et le bétail.

« Il vaut mieux ne pas posséder d’animaux pour ne pas être visé », explique Al-Bashir. « Mais l’élevage de bétail, c’est notre métier depuis toujours. »

Bien que l’état d’urgence déclaré par le gouvernement reste en vigueur dans les zones frontalières de Tahoua et Tillaberi, avec de vastes opérations militaires en cours, la violence et l’insécurité font malgré tout obstacle à l’aide humanitaire.

Depuis début octobre, les autorités, en concertation avec la communauté humanitaire, ont tenté de sécuriser certaines zones pour permettre les distributions d’aide. Toutefois, les menaces persistantes pour la sécurité ont empêché les agences humanitaires de distribuer de l’aide à l’ensemble des personnes dans le besoin.

Le HCR dirige une réponse interinstitutions coordonnée pour assurer la protection des personnes en fuite, notamment au moyen d’un suivi en matière de protection qui permet aux agences humanitaires d’apporter une assistance rapide aux personnes identifiées comme étant particulièrement vulnérables et dans le besoin.

Le HCR travaille également dans l’ensemble du pays avec des ONG locales partenaires et un réseau de correspondants communautaires pour la protection qui lui fournissent des informations actualisées sur les besoins des déplacés nigériens. Depuis janvier, plus de 375 incidents signalés grâce à ce dispositif ont donné lieu à des mesures de protection concrètes de la part du HCR et de ses partenaires.

« Bien qu’il soit aux prises avec la violence et l’insécurité le long de ses frontières, le Niger demeure un généreux pays d’accueil pour les réfugiés et il est aujourd’hui le premier pays d’Afrique à avoir intégré la Convention de Kampala, la Convention de l’Union africaine sur la protection et l’assistance aux personnes déplacées en Afrique, dans sa législation, avec l’adoption d’une loi nationale au début du mois », a déclaré Alessandra Morelli, Représentante du HCR au Niger.

Il y a actuellement au Niger plus de 156 000 déplacés internes qui ont été forcés de fuir les régions de l’ouest du pays, à la frontière avec le Mali et le Burkina Faso (33 pour cent) et la région de Diffa, au sud-est du pays près du Nigéria (67 pour cent). Le pays abrite en outre plus de 175 000 réfugiés principalement originaires du Nigéria (67 pour cent) et du Mali (32 pour cent).

Malgré l’intensification des déplacements et les besoins humanitaires croissants, le soutien à l’action humanitaire du HCR au Niger reste limité. Seulement 58 pour cent (54 millions de dollars) de l’appel de fonds pour la réponse humanitaire du HCR au Niger ont été reçus cette année.

Le HCR exhorte la communauté internationale à lutter contre les causes profondes des déplacements au Niger et dans la région ainsi qu’à œuvrer pour la paix, en réaffirmant la nécessité de protéger les civils comme Al-Bashir.

Entre temps, Al-Bashir espère que la situation finira par s’améliorer.

« Pour nous, c’est juste une question de paix et de sécurité », dit-il. « Quand la paix reviendra, tous les autres problèmes disparaîtront. »

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Central African Republic: La justice progresse en République centrafricaine

Fri, 14 Dec 2018 04:31:11 +0000

Source: Human Rights Watch
Country: Central African Republic

L’arrestation d’un ex-chef des milices est un pas en avant

Elise Keppler
Directrice adjointe, Programme Justice internationale

Le 12 décembre, Patrice-Édouard Ngaïssona, de son propre aveu ex-coordinateur politique des milices anti-balaka, a été arrêté en France en vertu d’un mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI). Avec cette arrestation, les perspectives de justice pour les crimes les plus graves commis durant la plus récente crise en République centrafricaine marquent un pas en avant.

Les milices anti-balaka ont été impliquées dans de graves abus durant le conflit de 2012, notamment des attaques et des meurtres de civils suspectés d’avoir collaboré avec les rebelles de la Séléka.

Ngaïssona est accusé par la CPI d’être responsable de meurtre, déportation, emprisonnement, torture et autres crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis dans l’ouest de la République centrafricaine entre décembre 2013 et décembre 2014.

Détenu en France, où il a été arrêté par les autorités en coopération avec la CPI, Ngaïssona est le second ex-chef de milice anti-balaka à être arrêté en un mois, à la suite de la récente enquête de la CPI en République centrafricaine. Une première enquête de la CPI dans le pays, concernant des exactions commises en 2002 et 2003, n’avait abouti qu’à une inculpation, et s’était soldée en juin dernier par un acquittement. Human Rights Watch avait critiqué l’absence d’autres poursuites dans le cadre de cette première enquête, et avait exhorté le bureau du procureur de la CPI à lancer des poursuites représentatives des crimes commis afin de rendre justice de manière significative.

Dans cet objectif, il sera essentiel que des poursuites soient également lancées contre des individus appartenant à toutes les parties au conflit. En particulier, les Séléka et ex-Séléka sont impliqués dans des abus généralisés, dont certains continuent encore, et la CPI n’a pour l’instant annoncé aucune poursuite contre des individus appartenant à ces groupes. Comme nous l’avons déjà vu, poursuivre uniquement des individus appartenant à un côté du conflit peut causer d’énormes problèmes.

L’arrestation de Ngaïssona est bienvenue. En République centrafricaine, beaucoup le pensaient intouchable du fait de son poste au sein du comité exécutif de la Confédération africaine de football. Mais la nouvelle de son arrestation devrait être un avertissement pour les auteurs des crimes les plus graves dans le monde entier : même des personnalités haut-placées peuvent être amenées à rendre des comptes pour leurs exactions.

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World: Le Conseil de sécurité reste préoccupé par la situation instable et la crise humanitaire dans plusieurs pays d’Afrique centrale

Fri, 14 Dec 2018 04:12:40 +0000

Source: UN Security Council
Country: Angola, Burundi, Cameroon, Central African Republic, Chad, Democratic Republic of the Congo, Gabon, Niger, Nigeria, Sao Tome and Principe, World

CS/13618

CONSEIL DE SÉCURITÉ
8421E SÉANCE – MATIN

Le Conseil de sécurité a débattu, ce matin, des récents développements en Afrique centrale dans les domaines politique, sécuritaire et humanitaire. Si les délégations ont relevé des progrès politiques, notamment la tenue d’élections dans le calme dans de nombreux pays, elles se sont aussi inquiétées des troubles en République centrafricaine (RCA) et au Cameroun, où le Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (BRENUAC) rapporte des violences et d’importants déplacements de population, tandis que les attaques terroristes de Boko Haram menacent la stabilité de la région et aggravent la crise humanitaire.

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afrique centrale et Chef du BRENUAC, M. François Louncény Fall, a présenté le dernier rapport* du Secrétaire général sur la situation en Afrique centrale et les activités du Bureau régional. Il a fait état de nombreuses élections récentes, comme à Sao Tomé-et-Principe ou au Cameroun, tenues dans le calme. Un point positif salué par la Bolivie, la Chine, le Koweït ou la Pologne.

Le Représentant spécial a également mentionné la situation à l’ouest du Cameroun, où des violences et des allégations de violations des droits de l’homme continuent d’être rapportées. M. Fall a signalé avoir encouragé le Gouvernement à accélérer le processus de décentralisation, la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme.

La situation volatile au Cameroun anglophone a fait réagir le Royaume-Uni, pour qui les régions du nord-ouest et du sud-ouest sont « le théâtre d'une crise de déplacement parmi les plus graves en Afrique à l’heure actuelle » et d’assassinats extrajudiciaires commis tant par les groupes séparatistes que par les forces gouvernementales. Le représentant britannique a appelé à renforcer le dialogue avec les dirigeants anglophones et à la vigilance « face au risque d’embrasement dans toute la région ». Pour la Suède, mettre fin à la violence nécessite un engagement en faveur d’un dialogue inclusif avec les communautés anglophones et la libération des prisonniers politiques, tandis que les États-Unis ont soutenu que « les besoins humanitaires sont urgents, et les enjeux trop élevés pour continuer à ignorer cette crise », et ont pointé la réponse « disproportionnée » du Gouvernement qui radicaliserait les séparatistes.

Tout en comprenant la préoccupation des États-Unis et du Royaume-Uni concernant la minorité camerounaise anglophone, la Fédération de Russie a invité Londres et Washington à se montrer « tout aussi concernés par la situation des populations russophones en Ukraine que par celle des anglophones au Cameroun ».

Sur la question urgente du terrorisme et de la sécurité, le groupe Boko Haram a cristallisé les craintes, accusé par le BRENUAC de poursuivre ses attaques indiscriminées contre les forces de défense et de sécurité ainsi que contre les civils. À propos de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), le Chef du BRENUAC a encouragé l’Union africaine à la prudence dans ses efforts pour remplacer l’Initiative de coopération régionale pour son élimination. La Fédération de Russie a, au contraire, salué la diminution continue des exactions commises par LRA et estimé que ce groupe ne pouvait plus être considéré comme une menace à la paix et la sécurité dans la région.

Pour sa part, la Guinée équatoriale a souhaité accélérer la mise en œuvre du cadre de coopération, signé en juin 2016, entre le BRENUAC et la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) pour renforcer la sécurité des frontières en Afrique centrale, dont la nature poreuse nourrit actuellement « le trafic d’armes, la piraterie, la criminalité transnationale organisée, la prolifération de groupes armés et l’insécurité maritime dans le golfe de Guinée ».

« La violence, l’extrême pauvreté, les changements climatiques et la croissance de la population engendrent des niveaux record de vulnérabilité pour des millions de personnes en Afrique centrale », a déclaré la Directrice des opérations et du plaidoyer au Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), Mme Reena Ghelani. Parmi les 181 millions d’habitants que compte la région, a-t-elle ainsi estimé, 26 millions d’entre eux auront besoin d’une aide humanitaire en 2019, soit une hausse de 22% par rapport à 2018. Environ la moitié de ces personnes réside en République démocratique du Congo (RDC), confrontée à la pire crise de choléra de ces 15 dernières années – la maladie tue actuellement davantage que le virus Ebola, selon l’OCHA.

En République centrafricaine, la situation humanitaire est « extrêmement préoccupante », a expliqué Mme Ghelani, et des zones relativement stables par le passé subissent un regain de tension. La violence se répercute sur les pays voisins: le Cameroun abrite à l’heure actuelle 268 000 réfugiés en provenance de la RCA, et le Tchad 101 000. Ces deux pays continuent par ailleurs de subir les assauts de Boko Haram dans le bassin du lac Tchad, où 2,4 millions de personnes avaient été contraintes de quitter leur domicile et où 10,8 millions de civils ont besoin d’aide.

En RDC, la représentante de l’OCHA a indiqué que la situation sécuritaire dans l’est du pays s’était détériorée, causant des déplacements massifs de population. Une situation, selon elle aggravée, par le retour au Kasaï de 360 000 réfugiés congolais qui résidaient jusqu’ici en Angola.

Face à ce constat, Mme Ghelani a regretté que le Plan humanitaire pour l’Afrique centrale ne soit financé, en moyenne, qu’à hauteur de 56%, le Cameroun étant le pays le moins doté en fonds, avec seulement 36% de financement. La Directrice des opérations a par conséquent appelé la communauté internationale à augmenter le niveau de l’aide dans la région. De nombreux pays ont ensuite demandé au Gouvernement camerounais de laisser les travailleurs humanitaires accéder à toutes les zones touchées par le conflit.

*S/2018/1065

RÉGION DE L’AFRIQUE CENTRALE S/2018/1065

Déclarations

M. FRANÇOIS LOUNCÉNY FALL, Représentant spécial pour l’Afrique centrale et Chef du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (BRENUAC), a fait état des récents développements dans la région. Sur le volet politique, il est revenu sur un certain nombre d’élections tenues récemment, telles que celles parlementaires du 22 novembre, à Sao Tomé-et-Principe, législatives et locales d’octobre, au Gabon, où la situation de santé du Président Ali Bongo Ondimba reste une source de préoccupation ainsi que le report des législatives au Tchad, de novembre, initialement prévues en 2015.

Le Représentant spécial a également mentionné la situation à l’Ouest du Cameroun où violences et allégations de violations des droits de l’homme continuent d’être rapportées. Mentionnant sa visite dans le pays du 17 au 22 novembre, il a signalé avoir encouragé le Gouvernement à accélérer le processus de décentralisation et les activités de la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme.

En ce qui concerne l’aspect sécuritaire, M. Fall s’est inquiété de la montée de la violence en République centrafricaine, qui représente un risque pour la sous-région et a insisté sur le grand nombre de déplacés internes au sein de la population et du besoin d’assistance humanitaire.

À propos de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), il a spécifiquement encouragé l’Union africaine à adopter une approche globale et prudente dans le cadre de ses efforts en cours visant à remplacer l’Initiative de coopération régionale pour l’élimination de l’Armée de résistance du Seigneur (ICR-LRA), de façon à ne pas laisser un vide sécuritaire qui pourrait être exploité par le groupe pour relancer et intensifier ses activités de déstabilisation.

Autre groupe armé menaçant la sécurité et le développement de la région, Boko Haram, qui poursuit ses attaques indiscriminées contre les forces de défense et de sécurité ainsi que contre les civils. Reconnaissant les efforts menés par les pays de la sous-région, le Représentant a insisté sur l’importance pour les États d’Afrique centrale et de l’Ouest de développer des stratégies qui s’attaquent aux causes profondes de l’insurrection.

En matière de coopération, il a mentionné le sommet conjoint des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) sur la paix, la sécurité, la stabilité et la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent qui s’est tenu à Lomé, en juillet, ainsi que la collaboration du BRENUAC avec la CEEAC et le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS) ainsi que la quarante-septième Réunion à N’Djamena, en décembre, du Comité consultatif permanent des Nations Unies chargé des questions de sécurité en Afrique centrale.

M. Fall a conclu en exhortant les membres de la CEEAC à demeurer attachés à la réforme institutionnelle de l’organisation sous-régionale, notamment en ce qui concerne les mécanismes de financement pour assurer la mise en œuvre effective de projets clefs dans les domaines de la paix, la sécurité et la gouvernance et en mentionnant l’examen stratégique en 2019 des activités du BRENUAC ainsi que de son mandat.

« La violence, l’extrême pauvreté, les changements climatiques et la croissance de la population engendrent des niveaux record de vulnérabilité pour des millions de personnes en Afrique centrale », a déclaré à l’entame de son discours Mme REENA GHELANI, Directrice des opérations et du plaidoyer au Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA). Parmi les 181 millions d’habitants que compte la région, a-t-elle ainsi estimé, 26 millions d’entre eux auront besoin d’une aide humanitaire en 2019, soit une hausse de 22% par rapport à 2018.

Environ la moitié de ces personnes réside en République démocratique du Congo (RDC), a poursuivi la Directrice des opérations et du plaidoyer, ajoutant que la situation humanitaire du pays s’était à nouveau détériorée en 2018. Cette évolution préoccupante est, selon elle, aggravée par l’épidémie d’Ebola qui continue de se propager dans le nord-est du pays et a déjà co슩té la vie à 289 personnes. La persistance d’attaques perpétrées par des groupes non étatiques à l’encontre des civils dans cette zone met à mal les efforts pour endiguer l’épidémie, a précisé Mme Ghelani, ajoutant que 12 millions de personnes avaient actuellement besoin d’assistance humanitaire dans l’ensemble de la RDC.

Parallèlement, a-t-elle poursuivi, la RDC est confrontée à la pire crise de choléra de ces 15 dernières années, cette dernière étant responsable de plus de 26 000 cas avérés et près de 900 morts cette année seulement. « Le choléra a même tué plus de personnes en RDC que l’Ebola », a-t-elle précisé. Dans le même temps, la Directrice a indiqué que la situation sécuritaire dans l’est du pays s’était détériorée, causant des déplacements massifs de populations, une situation, selon elle, aggravée par le retour au Kasaï de 360 000 réfugiés congolais qui résidaient jusqu’ici en Angola.

En République centrafricaine (RCA), où la situation humanitaire est également « extrêmement préoccupante », Mme Ghelani a indiqué que des zones qui étaient relativement stables par le passé, comme par exemple le sud-est du pays, avaient connu un regain de conflit cette année. Selon elle, 2,9 millions de personnes, soit plus de la moitié de la population du pays, ont désormais besoin d’aide. Parallèlement, le nombre de personnes déplacées a atteint les 643 000, soit une hausse de 60% par rapport à l’an dernier, a-t-elle ajouté. À cela s’ajoute l’augmentation des actes de violence, d’autant plus que la situation en RCA a eu des répercussions sur les pays voisins. En effet, a-t-elle précisé, le Cameroun et le Tchad abritent respectivement à l’heure actuelle 268 000 et 101 000 réfugiés en provenance de la RCA.

Ces deux pays continuent par ailleurs de subir les assauts de Boko Haram dans le bassin du lac Tchad, a indiqué Mme Ghelani, ajoutant que 2,4 millions de personnes avaient été contraintes de quitter leur domicile dans la zone, où 10,8 millions de civils ont besoin d’aide. Le Cameroun fait également face à une crise humanitaire dans les régions du sud-ouest et du nord-ouest du pays, où les déplacements de population ont triplé depuis l’an dernier, au point de concerner 437 000 déplacés internes. En outre, Mme Ghelani a souligné que 30 000 Camerounais avaient fui dans le Nigéria voisin. De manière générale, la Directrice s’est dite préoccupée par la détérioration de la situation en matière de protection des civils, ainsi que par les rapports faisant état de meurtres, de villages incendiés, d’extorsions et d’enlèvements dans le sud-ouest et le nord-ouest du pays.

Face à ces situations difficiles, l’intervenante de l’OCHA a regretté que le Plan de réponse humanitaire pour l’Afrique centrale ne soit financé, en moyenne, qu’à hauteur de 56%, le Cameroun étant le pays le moins doté en fonds, avec seulement 36% de financement. Elle a, par conséquent, appelé la communauté internationale à augmenter le niveau de l’aide dans la région. Elle a également enjoint au Conseil de sécurité de prendre des mesures pour mettre fin aux conflits dans la région, ces derniers étant, selon elle, à l’origine de la plupart des crises humanitaires en Afrique centrale.

M. JONATHAN GUY ALLEN (Royaume-Uni) a concentré son intervention sur la situation au Cameroun anglophone ainsi que la lutte contre l’organisation Boko Haram. Se félicitant d’abord du rapport du Secrétaire général sur la situation en Afrique centrale et des efforts du Bureau régional pour renforcer la paix et la sécurité, il a pris bonne note des actions positives du Cameroun, notamment sur son engagement à lutter contre Boko Haram. Cependant, le représentant s’est montré très inquiet de la situation humanitaire et sécuritaire dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest du Cameroun, « théâtres d’une crise de déplacement parmi les plus graves en Afrique à l’heure actuelle », et d’assassinats extrajudiciaires commis par les groupes séparatistes et par les forces gouvernementales. Le représentant a appelé à la vigilance « face au risque d’embrasement dans toute la région », avec 30 000 ressortissants ayant déjà d슩 fuir au Nigéria.

Se félicitant des engagements du Président Paul Biya, M. Allen a toutefois appelé le Gouvernement camerounais à agir de toute urgence en renforçant le dialogue avec les dirigeants anglophones. Il a aussi appelé à apaiser les tensions, à libérer les détenus politiques et à prendre des mesures pour accélérer la décentralisation du pays. Exhortant le Gouvernement à laisser un plein accès aux observateurs dans tout le pays, il a espéré que le Représentant spécial pourra aller où bon lui semble. Il a appelé les groupes armés impliqués à cesser leurs attaques contre les civils et à travailler avec le Gouvernement sur ces questions. Enfin, a souligné le représentant, le Royaume-Uni a alloué 3,1 millions de dollars dans la région anglophone afin de satisfaire les besoins humanitaires dans le cadre de prévention du conflit. Déterminé à trouver une solution pacifique à la crise, il a craint encore une fois que les tensions ne s’accroissent et ne donnent encore plus de travail au Conseil de sécurité à l’avenir.

M. OLOF SKOOG (Suède) a plaidé pour une approche holistique et une réponse régionale aux défis sécuritaires découlant des changements climatiques en Afrique centrale. Il s’est ainsi dit préoccupé par l’aggravation des tensions entre fermiers et bergers, alimentées par les conséquences des changements climatiques, dans le bassin du lac Tchad, au Tchad et en République centrafricaine. Il a également appelé de ses vœux une participation accrue des femmes aux processus électoraux en Afrique centrale.

Le délégué s’est ensuite dit inquiet devant la détérioration de la situation au Cameroun. Cette crise risque d’avoir de sérieuses conséquences régionales, y compris sur la lutte contre le terrorisme dans le bassin du lac Tchad et sur les efforts visant à restaurer la paix en République centrafricaine. Il s’agit là clairement d’une menace à la paix et à la sécurité internationales, a-t-il dit. Estimant que la période postélectorale peut être mise à profit pour inverser cette trajectoire préoccupante, il a exhorté toutes les parties à mettre fin à la violence et appelé le Gouvernement à prendre de toute urgence des mesures concrètes pour nourrir la confiance. « Cela inclut un engagement en faveur d’un dialogue inclusif avec les communautés anglophones et la libération des prisonniers politiques. »

Le délégué de la Suède a également encouragé le Gouvernement à solliciter l’appui des acteurs onusiens et régionaux. « Si la crise continue de s’aggraver et que les mesures permettant d’y remédier ne sont pas prises, ce Conseil devra envisager, dans un esprit de prévention, les options d’un engagement plus actif. »

M. JONATHAN R. COHEN (États-Unis) s’est concentré sur la situation au Cameroun, où les conditions se sont largement dégradées et où la violence augmente, avec plus de 400 000 personnes déplacées à l’intérieur du pays. Il a exhorté à ce que la violence cesse, et rapporté le cas d’un missionnaire américain tué sur le sol camerounais le 30 octobre dernier. « Les besoins humanitaires sont urgents, et les enjeux trop élevés pour continuer à ignorer cette crise », a-t-il déclaré.

Notant le rôle important joué par le Cameroun dans la lutte contre Boko Haram, le représentant a appelé à une réconciliation immédiate, sans conditions préalables, et à régler les différends par le dialogue politique. Il a aussi encouragé le Président Paul Biya à agir pour davantage respecter l'impartialité du traitement de ses citoyens, ainsi que les principes humanitaires, comme le libre accès des ONG pour aider et traiter les populations touchées par le conflit. Enfin, il a dénoncé « la réponse disproportionnée » des forces gouvernementales, qui « entraîne une radicalisation des forces séparatistes ».

Prenant l’exemple du Cameroun, où des actes de violence imputés à l’armée et à des groupes armés ont entraîné le déplacement forcé de 437 000 personnes, Mme LISE GREGOIRE VAN HAAREN (Pays-Bas) a estimé que face à une telle escalade, la prévention de conflit nécessite davantage que des mots. Ils doivent être suivis d’action, a-t-elle soutenu, appelant le Gouvernement camerounais à entamer un dialogue constructif et inclusif avec toutes les parties, y compris avec des représentants de femmes.

La déléguée a remercié à cet égard le Représentant spécial et Chef du BRENUAC, M. Louncény Fall, pour sa récente visite dans le pays et pour l’attention qu’il accorde à cette crise. Une enquête doit être diligentée sur les violations des droits de l’homme commises par toutes les parties et les auteurs doivent rendre des comptes, a-t-elle ajouté, exhortant le Gouvernement et les groupes armés à permettre l’accès d’observateurs des droits humains et de travailleurs humanitaires aux régions anglophones du pays.

Mme Van Haaren a d’autre part souligné la nécessité de renforcer l’évaluation de toutes les causes des conflits. Elle a rappelé que, lors d’une réunion du Conseil organisée en mars par son pays, les participants avaient confirmé ce besoin urgent, notamment au regard des questions de changement climatique et de stress hydrique dans le bassin du lac Tchad. À ses yeux, le BRENUAC a un rôle important à jouer dans la mise en œuvre d’évaluations et de programmes intégrant la variante climatique. Elle a encouragé le Bureau à continuer à travailler de concert avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union africaine, la Commission du lac Tchad, la Communauté économique des États de l’Afrique centrale et d’autres organisations afin de contribuer aux rapports du Secrétaire général.

La représentante a également mis l’accent sur la coordination entre les bureaux de l’ONU dans la région. Compte tenu de la situation complexe en Afrique centrale, il est important que cette coordination soit optimisée, a-t-elle affirmé, plaidant pour que le BRENUAC, en tant que Bureau régional, se concentre sur la prévention des conflits. Elle a salué, à cet égard, l’implication de M. Fall s’agissant du processus électoral dans des pays dénués de bureaux onusiens, en particulier à Sao Tomé-et-Principe et au Gabon. Elle a souhaité qu’il puisse y mener ses bons offices de la manière la plus satisfaisante.

En conclusion, elle a souhaité que des résultats tangibles se fassent jour lors de la prochaine réunion du Conseil sur cette question.

M. FRANCISCO TENYA (Pérou) a souligné le travail réalisé par le Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (BRENUAC) pour faire face aux menaces transfrontalières et répondre aux causes profondes des conflits qui affectent la sous-région de l’Afrique centrale. Il a notamment salué les bons offices du BRENUAC visant à rapprocher différents acteurs dans le cadre de plusieurs processus de paix, ainsi que son appui à la tenue d’élections dans quatre pays de la sous-région. Le représentant a noté son rôle dans le renforcement du dialogue entre les acteurs politiques et la société civile en République démocratique du Congo (RDC) en vue des élections du 23 décembre prochain. Il a également fait état des efforts de médiation déployés par le Bureau au Cameroun afin de prévenir une détérioration de la situation sécuritaire dans le nord-ouest et le sud-est du pays et d’y promouvoir un meilleur respect des droits de l’homme.

Condamnant le terrorisme de Boko Haram dans la région du lac Tchad et de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) en République centrafricaine et en RDC, M. Tenya a rappelé que l’instabilité politique, la précarité institutionnelle et la détérioration de l’environnement dues aux changements climatiques sont facteurs de déplacements forcés, de crises humanitaires, d’extrémisme violent et de violations massives des droits de l’homme. Face à ces fléaux, le représentant s’est félicité de la coordination assurée par le BRENUAC avec des organisations régionales comme l’Union africaine, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC). Cette coordination, a-t-il conclu, doit permettre de produire des synergies en vue d’une exécution plus efficace des mandats, l’objectif étant de construire une paix durable.

M. ANATOLIO NDONG MBA (Guinée équatoriale) a appuyé la prorogation du mandat du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (BRENUAC) jusqu’au 31 ao슩t 2021. Dans ce cadre, il a jugé nécessaire d’accélérer la mise en œuvre du cadre de coopération, signé en juin 2016, entre le BRENUAC et la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) pour renforcer la sécurité des frontières en Afrique centrale, dont la nature poreuse nourrit actuellement le trafic d’armes, la piraterie, la criminalité transnationale organisée, la prolifération de groupes armés et l’insécurité maritime dans le golfe de Guinée. Le représentant a par conséquent invité les Nations Unies, la CEEAC, l’Union africaine (UA) et l’Union européenne (UE) à redoubler d’efforts pour consolider l’autorité des États de la région, ces derniers étant, selon lui, les mieux à même de protéger les civils.

Le représentant s’est en outre dit préoccupé par l’intensification des activités des mercenaires en Afrique centrale, en raison notamment du trafic illégal d’armes, qui échappe selon lui à tout contrôle. À ses yeux, ces activités de mercenaires sont le fait d’aventuriers et d’éléments hors la loi dont le seul but est de semer la terreur et déstabiliser les gouvernements des pays qu’ils souhaitent envahir. Le représentant a appelé les pays de la région à coopérer davantage pour mettre fin à ce phénomène. Seule une coopération accrue dans la région permettra également de mettre en œuvre l’Agenda 2063 de l’UA dans la sous-région, a-t-il ajouté.

S’agissant par ailleurs du Cameroun, le représentant s’est dit conscient des efforts des autorités du pays pour trouver une solution pacifique à la crise actuelle dans sa zone anglophone. Il a appelé la communauté internationale à appuyer le Gouvernement, notamment en fournissant au BRENUAC les moyens de participer à ses « efforts constructifs », comme en témoigne selon lui la conduite « pacifique et sans incidents majeurs » de l’élection présidentielle.

M. PAWEŁ RADOMSKI (Pologne) a déploré les difficultés rencontrées par l’Afrique centrale, mais aussi noté des évolutions démocratiques positives, en pointant que de nombreuses élections avaient été récemment organisées sans incidents majeurs.

Appelant à instaurer la confiance entre toutes les parties prenantes comme une condition sine qua non de la consolidation de la paix en Afrique centrale, il s’est montré préoccupé par la situation des droits de l’homme en République démocratique du Congo (RDC) et au Burundi, et a appelé les Gouvernements de ces pays à prendre des mesures immédiates pour garantir la liberté de leurs citoyens. Il a aussi appelé le Cameroun à prendre des mesures pour améliorer la situation humanitaire et sécuritaire dans sa partie anglophone.

Estimant qu’il fallait mettre l’accent sur l’adaptation face aux changements climatiques, facteur de déstabilisation, il a regretté que Boko Haram et l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) continuent de menacer la sécurité de pans entiers de la région, se rendent coupables de violences sexuelles et sexistes, et de recruter des enfants pour combattre. Il a souhaité que les interventions pour lutter contre ces phénomènes soient urgentes autant que cohérentes. La Pologne a enfin invité les Nations Unies, l’Union européenne et les États d’Afrique centrale à renforcer leur coopération.

M. DMITRY A. POLYANSKIY (Fédération de Russie) s’est dit convaincu que les crises et conflits en Afrique ne pourront être résolus qu’en autonomisant les efforts des pays africains. Il faut aussi, « bien entendu », appuyer davantage ces efforts, a-t-il ajouté, notamment ceux visant à lutter contre Boko Haram et à renforcer la sécurité maritime.

L’Afrique centrale se heurte à de nombreux défis sécuritaires et économiques, a poursuivi le représentant, le principal d’entre eux étant selon lui le groupe terroriste Boko Haram, qui continue de sévir dans le bassin du lac Tchad. Au nombre des facteurs majeurs de déstabilisation de la sous-région, il convient également de mentionner la destruction de l’État en Libye, a-t-il ajouté.

Le représentant a salué les efforts des États de la sous-région pour mettre fin à la menace terroriste. Il s’est toutefois dit préoccupé par les exactions des groupes armés en République centrafricaine. Le représentant a ainsi appelé les autorités à renforcer leur armée, tout en menant les réformes économiques nécessaires au développement du pays.

Entre autres facteurs de déstabilisation, le représentant a ensuite cité la piraterie dans le golfe de Guinée, en particulier les attaques à répétition de navires au large des côtes somaliennes. Il a appelé à intensifier les efforts régionaux pour lutter contre ce phénomène.

Par ailleurs, le représentant a salué la diminution continue des exactions commises par l’Armée de résistance du Seigneur (LRA). Aux vues de cette tendance, il a estimé que ce groupe ne pouvait plus être considéré comme une menace à la paix et la sécurité dans la région.

S’agissant par ailleurs du Cameroun, le représentant a estimé que les informations concernant l’évolution de la situation dans le pays étaient pour l’heure contradictoires. Tout en comprenant la préoccupation des États-Unis et du Royaume-Uni concernant la situation des droits de l’homme de la minorité anglophone, il a appelé à ne pas agir hâtivement. Le représentant a également invité Londres et Washington à se montrer tout aussi concernés par la situation des populations russophones en Ukraine que par celle des anglophones au Cameroun.

Mme MAHLET HAILU GUADEY (Éthiopie) a insisté sur l’importance de la mise en œuvre du processus de paix en République centrafricaine et appelé à un dialogue direct entre le Gouvernement et les principaux groupes armés. De même, les progrès dans l’application de l’accord politique du 31 décembre 2016 en République démocratique du Congo sont cruciaux pour la stabilité de long terme de la région, a-t-elle dit, soulignant l’importance d’un appui du BRENUAC. Néanmoins, la violence armée dans l’est et le nord-est de la RDC et en République centrafricaine, ainsi que les attaques répétées de Boko Haram et les conflits intercommunautaires dans le bassin du lac Tchad demeurent une source de préoccupation, a—t-elle déclaré. La déléguée a par ailleurs insisté sur la détérioration de la situation humanitaire en République centrafricaine et dans le bassin du lac Tchad. Il s’agit là, de faits têtus que personne ne peut ignorer, a-t-elle affirmé, en appelant le Conseil et la communauté internationale à y remédier. Enfin, Mme Guadey a apporté son soutien à la Stratégie régionale en faveur de la stabilisation, du redressement et de la résilience des zones du bassin du lac Tchad touchées par Boko Haram et souhaité le maintien de la coopération régionale pour l’élimination de l’Armée de résistance du Seigneur.

M. MANSOUR AYYAD SH. A. ALOTAIBI (Koweït) a noté que, sur le thème de la paix et de la sécurité dans la région, des élections avaient été organisées dans de nombreux pays sans incidents majeurs, malgré l’instabilité qui prévaut à l'heure actuelle au Cameroun – pays au sujet duquel le représentant a partagé l'inquiétude du Secrétaire général quant à la situation dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest. Préoccupé par la vague de violence et de conflits armés dont les civils innocents sont victimes dans ce pays, il a appelé à ce que les auteurs répondent de leurs actes. Il a aussi condamné les attentats-suicides et les pillages récurrents commis par Boko Haram, qui entravent tout espoir d’évolution de la situation humanitaire. Il a appelé à trouver des solutions communes et pérennes pour mettre fin à ces menaces.

M. Alotaibi a déploré la dégradation de la situation humanitaire et l’accroissement du nombre de personnes déplacées dans la région. Il a salué à cet égard la stratégie de prévention et de lutte contre le terrorisme de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC). Il a enfin relevé que la combinaison de plusieurs facteurs, dont les changements climatiques, la violence politique et de la prolifération des armes légères et de petit calibre, nécessitait une coopération plus étroite de tous les acteurs sur le terrain ainsi qu’à l’échelle internationale.

Mme VERÓNICA CORDOVA SORIA (Bolivie) a salué le calme dans lequel se sont déroulés, selon elle, la plupart des scrutins en Afrique centrale cette année. Elle a appelé tous les pays de la sous-région à œuvrer en faveur du consensus politique et à prendre des mesures visant à l’instauration d’un climat de confiance au niveau national, avec l’appui du Bureau régional des Nations Unies pour l'Afrique centrale.

La représentante a par ailleurs salué la tenue d’un sommet conjoint, le 30 juillet dernier, entre la Communauté économique des États de l’Afrique centrale et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest pour lutter contre l’extrémisme violent. De manière générale, elle s’est félicitée de l’ensemble des initiatives régionales et sous-régionales pour lutter contre le terrorisme et l’insécurité. Sur ce point, la représentante a appelé à reproduire l’initiative du G5 Sahel en Afrique centrale pour lutter plus efficacement contre les terroristes et la criminalité transnationale dans un cadre formel de coopération.

Par ailleurs, la représentante a estimé que l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) continuait de menacer la sécurité en République centrafricaine et République démocratique du Congo (RDC).

Mme ANNE GUEGUEN (France) a salué la pertinence et la valeur ajoutée d’une approche régionale, comme celle développée par le Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (BRENUAC). Elle s’est donc félicitée du renouvellement de son mandat pour trois ans, ce qui lui permettra de poursuivre ses bons offices, sa médiation et son soutien aux initiatives régionales, notamment dans le cadre de son partenariat avec la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC).

Outre la lutte contre Boko Haram, la représentante s’est dite inquiète de la situation en République centrafricaine (RCA), où la priorité doit être donnée, selon elle, au rétablissement de l’autorité de l’État sur tout le territoire, y compris la protection du personnel humanitaire sur le terrain. La France réitère son plein soutien au Président Faustin Archange Touadéra et souligne que l’Initiative africaine pour la paix et la réconciliation en RCA est le seul outil pour faire émerger une solution politique globale.

Au Cameroun, la France est préoccupée par les pertes humaines et la situation humanitaire « de plus en plus difficile ». Dans ce contexte, Mme Gueguen a encouragé le Gouvernement camerounais à prendre des initiatives ambitieuses et des mesures de détente, à engager un dialogue politique inclusif et à mettre en œuvre une plus large décentralisation pour le pays. Elle a également appelé à ce que les auteurs de crimes soient poursuivis. Enfin, s’agissant de la République démocratique du Congo (RDC), la France souhaite que la lumière soit faite sur les récentes violences liées aux prochaines élections. Sa représentante a demandé aux autorités congolaises de mettre en place des élections crédibles, dans un climat apaisé.

M. WU HAITAO (Chine) a salué les progrès réalisés dans la conduite des processus politiques en Afrique centrale. Toutefois, il a rappelé que l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) et Boko Haram continuaient de représenter une menace grave pour la paix et la sécurité de la sous-région. « Nous devons mieux appuyer les pays d’Afrique centrale pour faire face à ces menaces », a-t-il estimé, ajoutant que le Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (BRENUAC) pouvait jouer un rôle important en la matière.

Le représentant a ensuite souligné la nécessité de respecter le rôle de chef de file de l’Afrique dans la sous-région. Il a notamment salué les efforts importants des organisations régionales et sous-régionales du continent pour promouvoir la paix et le développement. La communauté internationale doit pleinement respecter le point de vue des pays concernés et leur capacité à régler leurs propres problèmes, a-t-il insisté.

Dans ce cadre, le représentant a salué le rôle du BRENUAC en matière de bons offices. Il a appelé le Bureau à appuyer encore davantage les efforts de coopération des pays de la région, notamment dans leur lutte contre la criminalité transnationale organisée, les groupes terroristes, la piraterie et la prolifération des groupes armés. Selon lui, le BRENUAC doit aussi accompagner les efforts régionaux d’intégration économique, notamment en renforçant sa coopération socioéconomique avec les organisations régionales et sous-régionales.

M. KANAT TUMYSH (Kazakhstan) a reconnu l’importance du travail du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (BRENUAC) en matière de diplomatie préventive et de médiation ainsi que son soutien aux organisations régionales et sous-régionales pour la réalisation d’une paix durable. Il s’est déclaré préoccupé par la violence perpétrée par les groupes armés en République centrafricaine (RCA) et a condamné l’augmentation de la haine et de la violence ethnique et religieuse. Il a déclaré soutenir pleinement l’initiative africaine « élément essentiel de stabilisation dans le pays » et, soulignant la dimension régionale du conflit, a appelé à un renforcement des engagements politiques et financiers des garants régionaux et partenaires internationaux.

Le représentant a vu dans l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) une « menace à la paix et à la sécurité dans toute la région », particulièrement en République démocratique du Congo (RDC) et en RCA. Dans la région du bassin du lac Tchad, il a pointé les attaques terroristes et les activités déstabilisatrices de Boko Haram et de Daech, à l’impact humanitaire dévastateur. Le représentant a de plus appelé à appuyer le travail de coordination du BRENUAC avec les organisations régionales dans la lutte contre le terrorisme. Enfin, il s’est félicité des retombées de la première conférence des États parties à la Convention de l’Afrique centrale pour le contrôle des armes légères et de petit calibre, de leurs munitions et de toutes pièces et composantes pouvant servir à leur fabrication, réparation et assemblage (Convention de Kinshasa).

M. KACOU HOUADJA LEON ADOM (Côte d’Ivoire) a estimé que la mise en œuvre de la feuille de route de l’Initiative africaine pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine peut constituer la clef d’une sortie de crise pacifique et durable dans ce pays. La décision de l’ONU et de l’Union africaine de nommer conjointement un Envoyé spécial en vue d’impulser une nouvelle dynamique est d’une importance capitale, a-t-il déclaré.

Notant le bon déroulement des préparatifs des élections générales du 31 décembre 2018 en République démocratique du Congo (RDC), le délégué a appelé tous les acteurs politiques congolais à œuvrer pour créer un environnement favorable afin que ces élections soient libres, transparentes, crédibles et pacifiques. Concernant la situation au Burundi, il a salué les efforts du Facilitateur et du Médiateur dans la crise dans ce pays, en vue de garantir l’inclusivité du dialogue politique interburundais.

Le représentant s’est ensuite félicité de la mise en œuvre de la Stratégie régionale en faveur de la stabilisation, du redressement et de la résilience des zones du bassin du lac Tchad touchées par Boko Haram, validée par l’Union africaine et la Commission du bassin du lac Tchad le 30 ao슩t 2018.

Il a par ailleurs salué la décision de l’Union africaine visant à maintenir l’Initiative de coopération régionale pour l’élimination de l’Armée de résistance du Seigneur (ICR-LRA). Enfin, le représentant ivoirien a estimé que le rôle de coordination joué par le BRENUAC est un facteur important dans la synergie des actions de l’ONU en Afrique centrale.

À l’intention des organes d’information • Document non officiel.

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Democratic Republic of the Congo: RDC : la sécurisation du processus électoral incombe à l’Etat (MONUSCO)

Fri, 14 Dec 2018 04:04:25 +0000

Source: UN News Service
Country: Democratic Republic of the Congo

La Représentante spéciale du Secrétaire général en République Démocratique Du Congo (RDC s'est dite préoccupée par la succession d’incidents graves qui entravent le bon déroulement de la campagne électorale dans le pays à 10 jours du scrutin.

La cheffe de la Mission de l’ONU en RDC (MONUSCO), Leila Zerrougi, a dénoncé le fait que certains candidats de l’opposition rencontrent de nombreux obstacles pour tenir des réunions publiques dans certaines villes du pays. De tels obstacles ont été constaté ces derniers jours à Kindu, Lubumbashi et Kalemie.

Jeudi matin, un incendie a touché l’un des entrepôts de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) à Kinshasa, détruisant du matériel qui y était stocké.

« La Représentante spéciale déplore les pertes en vies humaines et demande aux autorités congolaises de prendre les mesures nécessaires pour éviter de nouveaux incidents », a dit sa porte-parole dans un communiqué publié mercredi. Mme Zerrougui a rappelé qu’il incombe à l’Etat d’assurer la sécurisation du processus électoral « en faisant preuve de neutralité et de retenue dans l’utilisation de la force et en respectant les principes de nécessité, proportionnalité et légalité ».

La cheffe de la MONUSCO a également noté avec inquiétude l’interférence de certains groupes armés dans la campagne électoral, qui à travers diverses exactions, empêchent la tenue d’activités politiques dans plusieurs régions. Elle a appelé à l’ouverture de l’espace politique et au respect des droits à la liberté d’expression et de manifestation pacifique et exhorté chaque parti à poursuivre sa campagne dans le calme et de façon apaisée.

« La Représentante spéciale rappelle que la période de campagne est un moment clé du processus électoral au cours duquel les candidats ont la possibilité de présenter leur programme politique et permettre ainsi aux citoyens congolais de désigner de façon libre et éclairée les femmes et les hommes qui les représenteront dans les institutions de demain », a déclaré sa porte-parole.

Mme Zerrougui poursuit son plaidoyer auprès de l’ensemble des parties prenantes congolaises afin « d’atteindre le consensus le plus large possible » sur la tenue d’élections transparentes, paisibles et crédibles le 23 décembre.

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World: Chaque année, près de 30 millions de nouveau-nés prématurés ont besoin de soins pour survivre

Fri, 14 Dec 2018 03:17:07 +0000

Source: World Health Organization, UN Children's Fund
Country: World

Une coalition mondiale demande de meilleurs soins et une législation plus forte pour sauver des nourrissons aux limites de la survie

13 décembre 2018 Communiqué de presse NEW DELHI/GENÈVE/NEW YORKEnglish Русский

Chaque année, près de 30 millions de nourrissons naissent trop tôt, trop petits ou tombent malades, et ont besoin de soins spécialisés pour survivre, selon un nouveau rapport publié par une coalition mondiale à laquelle appartiennent l’UNICEF et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

« Pour les nourrissons et leurs mères, des soins adaptés dispensés au bon moment et dans un lieu qui convient peuvent faire toute la différence », a déclaré Omar Abdi, Directeur général adjoint de l’UNICEF. « Pourtant, des millions d’enfants malades ou de petite taille et des femmes meurent chaque année simplement car ils ne reçoivent pas les soins de qualité auxquels ils ont droit et qui relèvent de notre responsabilité collective. »

Ce rapport, intitulé Survive and Thrive: Transforming care for every small and sick newborn (Survivre et prospérer : transformer les soins pour chaque nouveau-né malade ou de petite taille) révèle que les nouveau-nés les plus exposés au risque de décès et de handicap sont ceux qui présentent des complications de la prématurité, des lésions cérébrales survenues pendant l’accouchement, une infection bactérienne sévère ou une jaunisse, ou encore des affections congénitales. En outre, le fardeau financier et psychologique qui pèse sur leurs familles peut entraver leur développement cognitif, linguistique et émotionnel.

« Pour chaque mère et chaque nourrisson, il est essentiel que l’enfant prenne un bon départ dans la vie, depuis la grossesse et l’accouchement jusqu’aux premiers mois de la vie », a expliqué la Dre Soumya Swaminathan, Directrice générale adjointe de l’OMS chargée des programmes. « La couverture sanitaire universelle permet de garantir que chacun, y compris les nouveau-nés, a accès aux services de santé dont il a besoin, sans connaître de difficultés financières. Les progrès en matière de santé du nouveau-né profitent à tous : ils sauvent des vies et jouent un rôle déterminant dans le développement du jeune enfant, ce qui a des effets tangibles sur les familles, la société et les générations futures. »

En l’absence de traitement spécialisé, de nombreux nouveau-nés à risque ne survivront pas après leur premier mois de vie, indique le rapport. En 2017, quelque 2,5 millions de nouveau‑nés sont décédés, principalement de causes évitables. Près des deux-tiers des décès de nourrissons concernent des prématurés. Et même s’ils survivent, ces nourrissons sont atteints de maladies chroniques ou présentent un retard de développement. De plus, d’après les estimations, un million de nouveau-nés malades ou de petite taille auront un handicap de longue durée.

Ces nourrissons peuvent vivre sans complications majeures si des soins favorisant le développement leur sont prodigués. Ce rapport montre que, d’ici à 2030, dans 81 pays, les vies de 2,9 millions de femmes, d’enfants mort-nés et de nouveau-nés pourraient être sauvées en déployant des stratégies plus judicieuses. Par exemple, si la même équipe de soins s’occupe de la mère et du nourrisson pendant le travail et l’accouchement et ensuite, elle saura identifier rapidement les problèmes.

En outre, près de 68 % des décès de nouveau-nés pourraient être évités d’ici à 2030 grâce à un ensemble de mesures simples telles que l’allaitement exclusif, le contact peau à peau entre la mère (ou le père) et l’enfant, les médicaments et les équipements essentiels, et l’accès à des établissements de santé propres et bien équipés dotés d’agents de santé qualifiés. D’autres interventions permettraient aussi de sauver des millions de vies, par exemple : la réanimation, lorsque l’enfant a des difficultés à respirer ; une injection pour prévenir les saignements excessifs ; ou encore une coupe plus tardive du cordon.

D’après ce rapport, le monde n’atteindra pas la cible mondiale de la santé pour tous s’il ne transforme pas les soins pour chaque nouveau-né. Si des progrès ne sont pas rapidement accomplis, il faudrait encore plus de 100 ans à certains pays pour y parvenir.

Pour sauver des nouveau-nés, le rapport recommande les mesures suivantes :

  • dispenser aux nouveau-nés des soins hospitaliers 24 h/24 et 7 j/7 ;

  • former le personnel infirmier à fournir des soins directs en partenariat avec les familles ;

  • tirer parti du potentiel des parents et des familles en faisant d’eux des experts et en leur apprenant à s’occuper de leurs enfants, ce qui peut réduire le stress, aider les nourrissons à prendre du poids et favoriser un bon développement de leur cerveau ;

  • fournir des soins de bonne qualité, une approche qui doit être intégrée aux politiques nationales, et être considérée comme un investissement en faveur des enfants nés de petite taille ou malades, pour toute leur vie ;

  • recenser chaque nouveau-né de petite taille ou malade et en effectuer un suivi, ce qui est un moyen, pour les administrateurs, de suivre les progrès et d’améliorer les résultats ;

  • consacrer les ressources nécessaires à cet enjeu, car un investissement supplémentaire de US $0,20 cents par personne permettrait, d’ici à 2030, de sauver la vie de 2 nouveau‑nés sur 3 dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

Il y a presque 30 ans, la Convention relative aux droits de l’enfant a garanti à chaque nouveau‑né le droit aux meilleurs soins qu’il soit possible d’obtenir. Selon le rapport, il est temps que les pays du monde entier fassent en sorte que les ressources législatives, médicales, humaines et financières soient disponibles pour faire de ce droit une réalité pour chaque enfant.

Note aux rédactions

Les principales conclusions du rapport seront présentées officiellement le 13 décembre, lors du Forum des partenaires du Partenariat pour la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant, que le Gouvernement de l’Inde accueillera à New Delhi, au cours duquel 130 pays décideront des meilleures politiques pour les nouveau-nés.

Ce rapport est établi par une coalition d’organisations qui fournissent un appui aux pays qui mettent en œuvre le Plan d’action « Chaque nouveau-né ». Parmi elles figurent notamment l’Organisation mondiale de la Santé, l’UNICEF, l’USAID, la Fondation Bill & Melinda Gates, Save the Children, la London School of Hygiene and Tropical Medicine, l’International Pediatrics Association (IPA), le Conseil international des infirmières et infirmiers en néonatologie, la Confédération internationale des sages-femmes, l’European Foundation for the Care of Newborn Infants, la Preterm Birth Initiative, le Sick Kids Centre for Global Health, Every Preemie at Scale et Little Octopus.

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Togo: Togo: Spiraling violence and repressive cybersecurity law hit the country ahead of contested parliamentary elections

Fri, 14 Dec 2018 02:41:38 +0000

Source: Amnesty International
Country: Togo

- At least four deaths during protests in less than a week, including three by firearm

- Verified video confirms the location where a 12-year-old boy was shot dead

- New cyber criminality law unduly restricts freedom of expression

Deadly protests violence in Togo hit the country ahead of contested parliamentary elections on 20 December, Amnesty International said today, as it urged the authorities to properly investigate and sanction all those responsible of a series of deaths which occurred during protests over the past week.

At least four people have been killed in protest-related violence since 8 December, including a 12-year-old boy who was shot in the head. Clashes between protesters and security forces have been reported around the country. Many protesters were injured by gunshot wounds in the capital Lomé and the northern city of Sokodé. Protesters also burned tyres and erected barricades in the street. Four members of the security forces were injured.

“Even after a child was killed, Togo’s authorities continue to fuel the violence by deploying military officers carrying firearms to protest sites, which risks exacerbating an already tense situation,” said Evelyne Petrus Barry, Amnesty International’s West and Central Africa Regional Director.

“As pressure mounts ahead of the elections, we are urging the authorities to respect the right to peaceful assembly and take all necessary measures to ensure no more lives are lost in these clashes. They must also carry out thorough, independent and impartial investigations into the deaths of protesters and ensure all those found responsible are brought to justice.”

Amnesty International’s digital verification experts were able to authenticate a series of videos of demonstration sites which appear to have been filmed on 8 December.

One video confirmed that the 12-year-old boy was shot in the neighborhood of Togblékopé around 5 km north of the capital Lomé. Another video shows a member of the security forces in a black pick-up car aiming at a group of protestors with a scoped rifle.

The Ministry of Security and Civilian Protection later acknowledged the vehicle was boarded by members of the armed forces, including the military chief of staff. Two other persons were killed in Sokodé on 10 December and dozens more resulted injured.

Amnesty International spoke to a 19-year-old man in Sokodé who received a gunshot to his foot. He told Amnesty International:

“On 10 December, I was sitting at the public square when I saw people running. When I got up I felt a burn and realized that blood was coming out of my left foot. (…) When I was brought to the hospital, they removed things [pellets] from my wounds..."

Earlier this month, a group of 14 opposition parties rejected the date of 20 December for the parliamentary elections and called for reforms for fair and transparent elections.

The protests were scheduled between 8 and 18 December. On 6 December, the Minister of Territorial Administration issued a statement banning the protests citing a “very high risk of serious breaches to public order”.

Amnesty International considers the demonstrations in the country were banned on vague and arbitrary grounds and contravene Togo’s international obligations to respect the right to peaceful assembly. Despite the ban, the opposition decided to go ahead with the protests, which were then dispersed by security forces.

The violence comes in the context of an intensifying crackdown on the right to freedom of expression in Togo.

On 7 December, the National Assembly of Togo adopted a law on cybersecurity which significantly restricts freedom of expression. Among other things, it criminalizes the publication of false information with up to three years in prison; breaches of public morality with up to two years in prison; and the production, diffusion or sharing of data which undermine “order, public security or breach human dignity”.

The law also contains vague terrorism and treason related provisions which carry hefty sentences of up to 20 years in prison, and could easily be misused against whistle-blowers and others reporting on human rights abuses. The law also grants additional powers to police, particularly in terms of surveillance of communication or IT equipment, without adequate judicial control.

"Authorities should repeal or substantially amend this law to ensure it is brought in line with international human rights law and standards," said Evelyne Petrus Barry.

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Yemen: Yemen: Ceasefire in Hodeidah brings long-awaited glimmer of hope to millions

Fri, 14 Dec 2018 02:38:38 +0000

Source: Amnesty International
Country: Yemen

Responding to news that the warring parties in Yemen have agreed to a ceasefire for the port city of Hodeidah, Lynn Maalouf, Amnesty International’s Middle East Director of Research said:

“Today’s announcement of a ceasefire agreement in Hodeidah brings hope to millions of civilians who are heavily dependent on the port for access to essential goods and humanitarian aid.

“The conflict has had a devastating impact in terms of interrupting vital supplies in and around Hodeidah. Both parties to the conflict have deliberately impeded humanitarian assistance in violation of international humanitarian law. They must now provide prompt and unhindered access to UN agencies and humanitarian organizations to deliver food, fuel, medicines and medical supplies to civilians in desperate need across Yemen.

“We call on the international community to strengthen the UN’s efforts to end gross violations of international law committed by all parties to the conflict and ensure justice and reparation for victims.”

Background

On 12 June, the Yemeni government – backed by the Saudi Arabia and UAE-led coalition announced the launch of the offensive on the city of Hodeidah, a strategic port city that has been under Huthi control since October 2014.

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Central African Republic: “Everything was in flames”: The attack on a displaced persons camp in Alindao

Fri, 14 Dec 2018 02:34:46 +0000

Source: Amnesty International
Country: Central African Republic

CAR: Up to 100 civilians shot and burnt alive as UN peacekeepers leave posts in Alindao

The United Nations must carry out a thorough investigation into UN peacekeeping troops’ response to a recent attack that killed as many as 100 civilians in a displaced persons camp in the Central African Republic, Amnesty International said today in a new report.

According to multiple eyewitnesses, UN peacekeepers did not engage an attack by an armed group but instead retreated in an armoured vehicle to their central base, leaving thousands of civilians unprotected at the camp in Alindao on 15 November.

An immediate and impartial inquiry must focus, in particular, on whether the United Nations Multidimensional Integrated Stabilization Mission in the Central African Republic (MINUSCA) failed in its duty to protect the lives of more than 18,000 people residing at the site.

“Scores of civilians at the displaced persons camp in Alindao were massacred after the UN peacekeepers charged with protecting them failed to take action to fend off their armed attackers,” said Joanne Mariner, Senior Crisis Response Adviser at Amnesty International.

“While UN troops were badly outnumbered by armed attackers, their actions—both before and during the attack—raise serious questions as to whether they lived up to their mandate to protect civilians.”

MINUSCA told Amnesty International that, given the small number of peacekeepers, it would have been impossible for them to contain the violence. But it is far from clear that, with their armoured vehicles and heavier weapons, the troops could not have taken defensive positions that might have deterred the attack, particularly had they fired warning shots.

Bloody attack

At around 8-8:30am on 15 November, a Seleka off-shoot called the Union for Peace in the Central African Republic (Union pour la Paix en Centrafrique, UPC) attacked the displaced persons camp located at Alindao’s Catholic mission. They fired mortars and rocket-propelled grenades at the site, and then looted and burned the majority of the displaced persons’ dwellings.

The UPC fighters were joined by many armed Muslim civilians from Alindao and surrounding villages. They were reportedly angered by previous killings of Muslim civilians in the area, including the murder of a Muslim motorcycle-taxi driver that same morning.

Amnesty International interviewed 20 survivors, many of whom described how Mauritanian MINUSCA peacekeepers stationed at the site failed to respond to the attack. Rather than defend against the attackers, or even fire warning shots, the Mauritanian troops retreated to their main base at the site.

By the time the attackers finished plundering and burning the site toward the end of the day, at least 70 civilians had been killed – with some sources estimating a total of nearly 100 dead – and around 18,000 displaced civilians had been forced to flee again.

Women, children and vulnerable IDPs killed en masse

The dead included many women, children, older people, and people with disabilities.

Georgette, whose family had been forced to flee her home in Alindao’s Bangui-ville neighbourhood in May 2017, lost both her mother and her eight-year-old daughter when attackers broke down the door to their home and shot them. Her mother, Marie, age about 65, died on the spot; her daughter, Natasha, died 10 days later at the hospital in Bambari, where she had been transferred to receive medical care.

Older people and people with disabilities were particularly vulnerable, and were killed in large numbers when they were unable to run away to escape the attack. Many were burned alive in their shelters, which were made of wooden poles and extremely combustible dried vegetation.

The attackers also killed two Catholic priests – Fr. Prospère Blaise Mada and Fr. Célestin Ngoumbango. While Amnesty International was unable to confirm whether they were purposefully targeted as priests, witnesses said they were wearing their priestly cassocks when killed.

UPC fighters and their accomplices massively looted and then burnt down nearly all of the shelters on the site and emptied a storehouse used by the World Food Programme. Amnesty International reviewed satellite imagery clearly indicating the area that had been burnt.

“The United Nations needs to assess whether the massacre at Alindao was preventable, and, most importantly, what it can do to ensure that future violent attacks on civilians are deterred or contained,” said Joanne Mariner.

Given a robust mandate to protect civilians, MINUSCA forces have maintained a long-standing presence at the IDP site in Alindao. Before the current posting of Mauritanian peacekeepers (which, since the 15 November attack, have been joined by a contingent of Rwandan troops), Burundian troops protected the site.

Numerous former residents of the site told Amnesty International that the Mauritanian peacekeepers, based there since about May, failed to properly control the area and prevent the entry of arms and armed fighters. In contrast to MINUSCA contingents previously based at the site, they rarely carried out patrols, and delegated much of their day-to-day duties to a small “security team” of anti-balaka fighters.

“The Mauritanian peacekeepers’ apparent acceptance of anti-balaka control of the site put the civilian population in great danger,” said Joanne Mariner.

MINUSCA denied that its forces allowed the anti-balaka to operate at the camp, pointing out that the camp is huge, making control over it extremely difficult. However, the actions of the Mauritanian troops showed that they not only knew of the anti-balaka fighters’ presence, they authorized it.

Threat of further violence

The threat of further attacks against displaced civilians looms large elsewhere in the country. On 4 December, UPC fighters reportedly attacked another IDP site run by the Catholic church in Ippy, resulting in the deaths of two children. Eyewitnesses told Amnesty International that Mauritanian MINUSCA peacekeepers were present at the time, but failed to prevent the attack.

UN vote to renew peacekeeping mandate

The UN Security Council is holding a vote on 14 December to renew MINUSCA’s mandate for another year. Amnesty International supports MINUSCA’s presence in the Central African Republic, and recognizes that, despite the many challenges, the peacekeeping force has saved countless lives. It calls on the international community to ensure, however, that the force is adequately trained, structured, and equipped to deliver on its ambitious mandate.

“United Nations Secretary-General António Guterres should set up a thorough and timely independent investigation into what led to the killings in Alindao. This will help the UN better fulfill its mandate of protecting the Central African Republic’s civilians,” said Joanne Mariner.

“The report of the investigation should be made public, and its recommendations should lead to concrete action.”

In addition, MINUSCA should ensure that adequate military forces with appropriate equipment carry out robust patrols in high-risk areas of the country, including Bambari, Batangafo, Alindao, Ippy, and Bangassou.

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Bangladesh: UNHCR South East Asia: 2018 Funding Update (as of 4 December 2018)

Fri, 14 Dec 2018 02:26:50 +0000

Source: UN High Commissioner for Refugees
Country: Bangladesh, Indonesia, Malaysia, Myanmar, Philippines, Thailand

$326.6 million

UNHCR's financial requirements 2018

70% funded

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Somalia: War and hunger in Somalia

Fri, 14 Dec 2018 02:13:17 +0000

Source: Concern Worldwide
Country: Somalia

By Clare Ahern

In Somalia, more than two and a half decades of armed conflict has had a devastating impact on innocent civilians. There are now more than 870,000 Somalis registered as refugees in nearby countries, and over 2.1 million people are displaced within the country itself. Insecurity has meant that aid agencies have often struggled to reach the most vulnerable communities.

Twice in the last decade this conflict has combined with extreme drought to horrifying results. Hunger reached famine levels in 2011 when over 250,000 men, women and children lost their lives. Just six years later, similar devastation was narrowly averted during an even more severe drought, thanks in part to a rapid humanitarian response.

While loss of life on such a scale may have been avoided, hundreds of thousands of people were still forced to abandon their homes and millions were left in desperate need of food. Right now, 1.2 million children are malnourished. That is half of all children under the age of five.

There is hope

When long and protracted conflicts rage on, the situation can seem hopeless. Our teams on the ground encounter desperately sad stories every day. But they have not lost hope. And they have good reason not to. Because they know that the incredibly difficult work they are doing is saving lives. The lives of young children like Yasmiin*.

Treating hunger

In March of 2017, Yasmiin was brought to one of Concern’s nutrition centres in Mogadishu. She had walked for ten days with her mother Aamiina* from their rural village in search of food in the capital. Emaciated from lack of food, five-year-old Yasmiin weighed just 12 kilograms. Our staff immediately admitted her into our emergency nutrition programme. Just 9 weeks later, she was almost back to the weight that a healthy girl her age should be.

*Names changed to protect identities

Preventing hunger

Treating hunger is a vital part of our work. But preventing it is our main goal. It is infinitely more challenging do to this in conflict situations, like in Somalia. But so long as people have access to the support they need, it is possible.

One of the other aspects of our work in Somalia is working with communities to make them more resilient to the insecurity they are exposed to during on-going conflict.

We have established self-help groups for women in vulnerable communities. Supported by cash grants from Concern, the women in these groups can start to save money. Pooling their resources, they can then assist each other with loans to start small businesses or to overcome problems in times of need. But it is not just the women who benefit, it is their families and wider communities.

In fact, during the extremely challenging conditions of the 2017 drought, some of these self-help groups were able together to support families who had been forced to leave their homes in search of food. Members from 10 different groups collected items from their communities including rice, flour, soap, utensils, plastic sheets and clothes and distributed them to 68 families who had recently arrived in a nearby camp and had yet to receive any other assistance.

Their collective strength and solidarity is proof that if we work together, we can make an impact in the face of hunger.

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Philippines: Philippines: Displacement Dashboard, Mindanao, Issue no. 53: October 2018

Fri, 14 Dec 2018 02:07:14 +0000

Source: UN High Commissioner for Refugees, Protection Cluster
Country: Philippines

The Mindanao Displacement Dashboard is a monthly publication of the Protection Cluster in Mindanao, Philippines which is co-led by UNHCR with the Department of Social Welfare and Development. This publication aims to provide an overview of the protection environment related to displacement incidents in Mindanao during each month. Data on displacement incidents was collected with the support of Protection Cluster members in Mindanao.

POST-MARAWI SIEGE RECOVERY AND REHABILITATION

As of12 October 2018, the latest validated and adjusted figures from the Department of Social Welfare and Development (DSWD) reported a total of 63,881 families have already returned, while 15,117 families are still displaced. Out of this, 1,958 families are inside evacuation centers (including transfer areas Sarimanok 1&2) and 11,754 families are home-based IDPs. Another 1,405 families are in Transitional Shelters (Sagonsongan, Bakwit Village, Angat Buhay, Bahay Pag-asa). Twenty-one (21) evacuation centers are still open, of which six (6) are in Lanao Del Norte and fifteen (15) are in Lanao Del Sur.

After several postponements, the groundbreaking ceremony at the Most Affected Area (MAA) in Marawi City pushed through on 30 October 2018, signaling the start of rehabilitation efforts within the former main battleground. Task Force Bangon Marawi (TFBM) said that debris-clearing (the first of five phases of the rehabilitation process) is due to begin “immediately” after the ceremony.
According to the National Housing Authority, the total cost of the entire MAA rehabilitation project amounts to around Php 15 billion. Despite what was earlier announced, President Duterte was unable to participate in the event as he was visiting the other identified sites for transitional shelters in Barangay Boganga and within the MAA.

Marawi durable solutions updates

On 30 October, UNHCR met with the Philippine Statistics Authority (PSA) to discuss in detail the arrangements for the processing of birth certificates for the Marawi birth registration initiative. Both agencies have agreed that the submission of documents will entail an individual payment for verification to be covered by UNHCR. This meeting was facilitated by OCHA.

To date, UNHCR has reached a total of 12,050 individuals for the project. Of this figure, supporting documents for the first batch comprising 3,409 names were sent to the Manila Country Office for transmittal to the PSA on 6 November for verification of negative birth record. The target for transmitting the last batch is on 7 November, with the scheduled rollout of the one-stop shops to start on the third week of November.

Also to date, 630 grievances and concerns have been transmitted from 10 helpdesks operating in Lanao del Sur. Needs and issues commonly raised by the lDPs include lack of food assistance and livelihood support and the need for compensation for damaged properties. UNHCR continues to refer these concerns to the proper agencies involved for their action. On 31 October, IIigan hub staff paid a courtesy visit to the new Chief of Staff of the city mayor of Marawi, who was briefed on the process of the grievance mechanism, and whose main concern was how the local government unit of Marawi would be able to respond to the grievances lodged.

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India: Sub: Depression over southeast Bay of Bengal: Pre-cyclone watch for Andhra Pradesh Coast, Time of issue: 1330 hours IST, Dated:13-12-2018

Fri, 14 Dec 2018 01:53:23 +0000

Source: Government of India
Country: India

A depression formed over southeast Bay of Bengal in the morning (0530 IST) of today, the 13th December, 2018. It moved north-northwestwards during past 03 hours and lay centred at 0830 hrs IST of today, the 13th December, 2018 over southeast Bay of Bengal near latitude 6.7°N and longitude 88.6°E, about 830 km east-southeast of Trincomalee (Sri Lanka), 1150 km southeast of Chennai (Tamil Nadu) and 1330 km south-southeast of Machilipatnam (Andhra Pradesh).

It is very likely to intensify further into a deep depression during next 12 hours and into a cyclonic storm during the subsequent 24 hours. It is very likely to move northwestwards towards Andhra Pradesh coast during next 72 hours.

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Central African Republic: République centrafricaine: le Conseil de sécurité proroge et renforce le mandat de la MINUSCA - résolution 2448 (2018)

Fri, 14 Dec 2018 01:46:52 +0000

Source: UN Security Council
Country: Central African Republic

CS/13619

CONSEIL DE SÉCURITÉ
8422E SÉANCE – APRÈS-MIDI

En adoptant aujourd’hui la résolution 2448 (2018), le Conseil de sécurité a renouvelé, jusqu’au 15 novembre 2019, le mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), tout en le renforçant, notamment dans l’appui que la Mission fournit au processus de paix dans le pays. Lors des explications de vote, plusieurs délégations ont regretté que le texte n’ait pas fait l’objet d’un consensus, la Chine et la Fédération de Russie s’étant en effet abstenues.

Selon cette résolution, l’objectif stratégique de la MINUSCA est d’aider à la création des conditions politiques, sécuritaires et institutionnelles permettant de « réduire durablement la présence de groupes armés et la menace qu’ils représentent en adoptant une approche globale et une position proactive et robuste ». La Mission se voit par ailleurs assigner trois tâches prioritaires, la première étant la protection des civils.

La MINUSCA devra ainsi protéger la population civile placée sous la menace de violences physiques, « sans préjudice de la responsabilité principale des autorités centrafricaines », et, avec le concours de ces dernières, prendre des « mesures actives » pour anticiper, écarter et répondre efficacement à toute menace grave ou crédible à l’encontre de la population civile.

Au titre de la seconde tâche prioritaire, -bons offices et appui au processus de paix–, la Mission devra, selon la résolution, renforcer son rôle audit processus dans le cadre de sa participation à l’Initiative africaine, tout en favorisant un processus de paix « plus cohérent ». Elle devra offrir ses bons offices pour lutter contre les causes profondes du conflit et appuyer les efforts pour traiter de la justice transitionnelle.

La troisième priorité de la Mission sera la mise en place de « conditions de s슩reté favorables à l’acheminement immédiat, complet, en toute sécurité et sans entrave de l’aide humanitaire ». La résolution autorise par ailleurs la Mission à fournir un appui à l’extension de l’autorité de l’État, au déploiement des forces de sécurité, et au maintien de l’intégrité territoriale.

À cette fin, la Mission pourra fournir un « appui logistique limité » au redéploiement progressif d’un nombre limité d’unités des Forces armées centrafricaines formées ou certifiées par la mission militaire de formation de l’Union européenne en République centrafricaine (EUTM-RCA), « sans que cela n’exacerbe les risques pour la stabilisation du pays, les civils, le processus politique, les soldats de la paix et son impartialité ».

Enfin, la résolution prévoit que le Secrétaire général prendra toutes les mesures qui s’imposent pour s’assurer que la MINUSCA respecte pleinement la politique de tolérance zéro de l’ONU à l’égard de l’exploitation et des atteintes sexuelles. Les antécédents de tous les membres du personnel de la Mission devront notamment être vérifiés afin de s’assurer qu’ils n’ont eu aucun comportement sexuel répréhensible.

Lors des explications de vote, les délégations de la Suède, de la Pologne, des Pays-Bas et de la Côte d’Ivoire ont regretté que le texte n’ait pas fait l’objet d’un consensus. « Seul l’intérêt de la République centrafricaine et de son peuple doit guider nos discussions », a déclaré le délégué ivoirien, qui s’exprimait au nom de la Guinée équatoriale et de l’Éthiopie.

Lors des négociations, mon pays a œuvré afin de parvenir à un équilibre des plus fins entre les différentes positions, a pourtant assuré le délégué de la France, qui parrainait cette résolution. Le délégué de la Fédération de Russie a, lui, fustigé « la façon orgueilleuse » dont se sont déroulés les travaux sur le texte. Les auteurs du texte continuent ainsi de « jouer un double jeu en Afrique », contrairement à la Fédération de Russie, et à traiter certains États du continent comme leur « précarré », a-t-il accusé.

Dernière oratrice, la déléguée de la République centrafricaine a insisté sur la gravité de la situation sur le terrain pendant que « tergiversent » les Nations Unies en général et le Conseil de sécurité en particulier. Le déploiement des Forces armées centrafricaines est pourtant crucial pour atténuer « les ardeurs belliqueuses » des groupes armés dans les zones où elles sont implantées, a-t-elle dit. Enfin, la déléguée a mentionné l’appui de la Fédération de Russie, notamment son programme de formation en aguerrissement pour des éléments formés au préalable par l’EUTM/RCA.

*S/2018/1016

LA SITUATION EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

Texte du projet de résolution S/2018/1016

Le Conseil de sécurité,

Rappelant ses précédentes résolutions et déclarations sur la République centrafricaine, en particulier ses résolutions 2121 (2013), 2127 (2013), 2134 (2014), 2149 (2014), 2181 (2014), 2196 (2015), 2212 (2015), 2217 (2015), 2262 (2016), 2264 (2016), 2281 (2016), 2301 (2016), 2339 (2017), 2387 (2017) et 2399 (2018) ainsi que sa résolution 2272 (2016) et les déclarations de sa présidence en date des 18 décembre 2014 (S/PRST/2014/28), 20 octobre 2015 (S/PRST/2015/17), 16 novembre 2016 (S/PRST/2016/17), 4 avril 2017 (S/PRST/2017/5), 13 juillet 2017 (S/PRST/2017/9) et 13 juillet 2018 (S/PRST/2018/14),

Réaffirmant son ferme attachement à la souveraineté, l’indépendance, l’unité et l’intégrité territoriale de la République centrafricaine, et rappelant l’importance des principes de non-ingérence, de bon voisinage et de coopération régionale,

Réaffirmant les principes fondamentaux du maintien de la paix, tels que le consentement des parties, l’impartialité et le non-recours à la force, sauf en cas de légitime défense ou pour la défense du mandat, considérant que le mandat de chaque mission de maintien de la paix est adapté aux besoins et à la situation du pays concerné, soulignant que les mandats qu’il autorise sont conformes à ces principes fondamentaux, réaffirmant qu’il escompte l’exécution intégrale des mandats qu’il autorise, et rappelant à cet égard sa résolution 2436 (2018),

Rappelant qu’il incombe au premier chef aux autorités centrafricaines de protéger toutes les populations du pays contre le génocide, les crimes de guerre, le nettoyage ethnique et les crimes contre l’humanité, et rappelant également, à cet égard, qu’il importe de rétablir l’autorité de l’État dans tout le pays,

Se déclarant profondément préoccupé par les actes de violence qui continuent d’être perpétrés dans tout le pays par les groupes armés qui tentent de prendre par la force le contrôle de territoires et de ressources et de déstabiliser le pays, ainsi que par le manque de moyens des forces de sécurité nationales et la persistance des causes profondes du conflit,

Condamnant avec la plus grande fermeté les incitations à la haine et la violence ethniques et religieuses et les multiples violations du droit international humanitaire ainsi que les violations généralisées des droits de l’homme et les atteintes à ces droits, notamment celles perpétrées contre les enfants et les actes de violence sexuelle et sexiste en temps de conflit, commises notamment par des éléments de l’ex-Séléka, des éléments anti-balaka et d’autres groupes armés, ainsi que le ciblage de civils de certaines communautés, qui ont fait des morts et des blessés et causé des déplacements,

Se déclarant préoccupé par le fait que des enfants ont continué d’être victimes de violences commises par des éléments armés de l’ex-Séléka et de groupes anti-balaka, ainsi que par d’autres groupes armés, dont l’Armée de résistance du Seigneur, et que des femmes et des filles continuent d’être victimes de sévices et de violences sexuelles et sexistes en République centrafricaine,

Rappelant ses résolutions sur la protection des civils en période de conflit armé, y compris les résolutions 2286 (2016) et 1894 (2009), ses résolutions sur le sort des enfants en temps de conflit armé, y compris les résolutions 2225 (2015) et 2427 (2018), et ses résolutions sur les femmes et la paix et la sécurité, y compris les résolutions 2106 (2013) et 2242 (2015), se félicitant de la ratification par les autorités de la République centrafricaine, le 21 septembre 2017, du Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés, soulignant qu’il importe que le Protocole soit appliqué intégralement, et demandant à toutes les parties en République centrafricaine de coopérer avec la Représentante spéciale pour le sort des enfants en temps de conflit armé et la Représentante spéciale chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit,

Insistant sur le fait que tout règlement durable de la crise en République centrafricaine, y compris le processus politique, doit être aux mains de la République centrafricaine et accorder la priorité à la réconciliation du peuple centrafricain, dans le cadre d’un processus sans exclusive associant les hommes et les femmes, y compris les personnes qui ont été déplacées du fait de la crise, quelle que soit leur origine sociale, économique, politique, religieuse et ethnique,

Rappelant la tenue, entre le 21 janvier et le 8 mars 2015, de consultations populaires dans tout le pays qui ont permis à des milliers d’habitants de la République centrafricaine de faire part de leurs vues sur l’avenir de leur pays, et la tenue, en mai 2015, du Forum de Bangui, qui conserve toute son importance dans le contexte actuel et au cours duquel ont été adoptés le Pacte républicain pour la paix, la réconciliation nationale et la reconstruction en République centrafricaine ainsi que les accords sur les principes de désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement, la justice et la réconciliation, et la réforme du secteur de la sécurité, et sur l’engagement des groupes armés de mettre fin au recrutement et à l’utilisation d’enfants et de libérer tous les enfants qui se trouvent dans leurs rangs,

Soulignant qu’il est impératif de mettre fin de toute urgence à l’impunité en République centrafricaine et de traduire en justice sans délai les auteurs de violations du droit international humanitaire et des droits de l’homme et d’atteinte à ces droits, notamment dans le cadre du processus de paix mené par l’Initiative africaine, se félicitant à cet égard que la Cour pénale spéciale ait ouvert des enquêtes et que le Gouvernement de la République centrafricaine ait pris des mesures pour mettre en place des mécanismes de justice transitionnelle afin d’amener les auteurs de crimes passés à répondre de leurs actes et d’apporter réparation aux victimes tout en favorisant la réconciliation nationale, soulignant qu’il faut renforcer les autres mécanismes nationaux d’établissement des responsabilités, et soulignant son appui au travaux de l’Experte indépendante sur la situation des droits de l’homme en République centrafricaine,

Réaffirmant qu’il incombe au premier chef aux autorités nationales de créer les conditions nécessaires pour procéder à des enquêtes, engager des poursuites et rendre des jugements avec efficacité et en toute indépendance, et soulignant que le Gouvernement de la République centrafricaine doit faire en sorte que ses institutions y soient préparées,

Rappelant le référendum constitutionnel organisé pacifiquement le 13 décembre 2015 et les élections législatives et présidentielles tenues en décembre 2015 et février et mars 2016, ainsi que l’investiture du Président Faustin-Archange Touadéra le 30 mars 2016,

Prenant note de la tenue prochaine, en 2020 et 2021, d’élections présidentielles, législatives et locales, soulignant qu’il incombe au premier chef au Gouvernement de la République centrafricaine d’organiser, en temps voulu, des élections ouvertes à tous, libres, justes, transparentes, crédibles et pacifiques, en garantissant notamment la participation pleine et entière des femmes, et encourageant les autorités centrafricaines à promouvoir, avec le concours des partenaires pertinents, la participation des déplacés et des réfugiés, conformément à la Constitution centrafricaine,

Soulignant le fait que les conditions de sécurité actuelles en République centrafricaine créent un climat favorable à la criminalité transnationale, notamment au trafic d’armes et à l’emploi de mercenaires, et risquent de constituer un terreau fertile pour les réseaux extrémistes,

Rappelant que le commerce et l’exploitation illicites et le trafic de ressources naturelles, dont l’or et les diamants, ainsi que le braconnage et le trafic d’espèces sauvages continuent de mettre en péril la paix et la stabilité en République centrafricaine,

Se déclarant vivement préoccupé par la menace que constituent, pour la paix et la sécurité en République centrafricaine, le transfert illicite, l’accumulation déstabilisatrice et l’utilisation abusive d’armes légères et de petit calibre ainsi que l’emploi de ces armes contre des civils,

Saluant, à cet égard, la contribution importante à la paix, à la stabilité et à la sécurité en République centrafricaine qu’apporte le régime de sanctions qu’il a décidé et reconduit dans sa résolution 2399 (2018), y compris les dispositions de cette résolution relatives à l’embargo sur les armes et celles relatives à des personnes et entités que le Comité désigne au motif qu’elles se livrent à des actes qui compromettent la paix, la stabilité ou la sécurité de la République centrafricaine ou concourent à de tels actes,

Se disant préoccupé par les informations faisant état de voyages effectués par des individus désignés en application de sa résolution 2127 (2013), et notant l’importance cruciale que revêt une bonne mise en œuvre du régime des sanctions, notamment le rôle clef que les États voisins, ainsi que les organisations régionales et sous-régionales, peuvent jouer à cet égard, et encourageant les efforts visant à continuer d’améliorer la coopération,

Se déclarant de nouveau gravement préoccupé par la situation humanitaire catastrophique qui règne en République centrafricaine et par les conséquences de la détérioration de la situation sécuritaire sur l’accès humanitaire, condamnant avec la plus grande fermeté les attaques perpétrées contre les travailleurs humanitaires, appelant tout particulièrement l’attention sur les besoins humanitaires actuels de plus de la moitié de la population du pays et sur la situation préoccupante des déplacés et des réfugiés dans les pays voisins, s’inquiétant des répercussions que les flux de réfugiés ont sur la situation dans les pays de la région, et rappelant qu’il faut que les États Membres accroissent le financement afin de répondre d’urgence aux besoins humanitaires du pays recensés dans le Plan d’aide humanitaire 2018,

Conscient des effets néfastes que les changements climatiques et écologiques et les catastrophes naturelles, entre autres facteurs, ont sur la stabilité de la région d’Afrique centrale, notamment la sècheresse, la désertification, la dégradation des terres et l’insécurité alimentaire, et soulignant que, face à ces facteurs, il importe que l’Organisation des Nations Unies procède à une évaluation appropriée des risques relatifs à ces facteurs et que les gouvernements de la région d’Afrique centrale et l’Organisation des Nations Unies adoptent des stratégies visant à appuyer la stabilisation et à renforcer la résilience,

Rappelant qu’il incombe au premier chef aux autorités centrafricaines de protéger et promouvoir le droit de tous, y compris des personnes déplacées, sans distinction, de se déplacer librement dans le pays et de choisir leur lieu de résidence et de respecter leur droit de revenir dans leur pays ou de le quitter pour demander asile ailleurs, et se déclarant préoccupé par le sort des civils pris au piège dans des enclaves où l’accès aux secours humanitaires est très limité,

Soulignant la nécessité de soutenir au niveau national et de coordonner en toute transparence au niveau international les efforts visant à transformer le secteur de la sécurité en République centrafricaine et insistant sur le rôle crucial que jouent les Forces de sécurité intérieure (police et gendarmerie) dans le rétablissement de la sécurité des populations locales, de la sécurité publique et de l’état de droit en République centrafricaine,

Saluant à cet égard le travail accompli par la mission militaire de formation de l’Union européenne en République centrafricaine (EUTM-RCA) et l’assistance apportée par d’autres partenaires internationaux et régionaux, dont les États-Unis d’Amérique, la Fédération de Russie et la France, pour soutenir, de manière cohérente, transparente et coordonnée, la réforme des Forces armées centrafricaines afin qu’elles soient multiethniques, professionnelles et représentatives, ainsi que la formation des forces de défense et de sécurité nationales et le renforcement de leurs capacités, et encourageant la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), l’EUTM-RCA et les autres partenaires internationaux à se coordonner efficacement à cet égard,

Saluant le rôle que continuent de jouer l’Organisation des Nations Unies, notamment le Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale, les pays voisins, l’Union africaine, la Communauté économique des États de l’Afrique centrale et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, ainsi que l’engagement ferme de l’Union européenne et l’engagement continu de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international, d’autres partenaires et donateurs internationaux et de la Communauté de Sant’Egidio en faveur de la stabilisation en République centrafricaine,

Condamnant dans les termes les plus vifs toutes les attaques, provocations et incitations à la violence visant les contingents de la MINUSCA et d’autres forces internationales, qui sont notamment le fait des groupes armés, rendant hommage aux membres du personnel de la MINUSCA qui ont sacrifié leur vie au service de la paix, soulignant que les attaques visant les forces de maintien de la paix peuvent constituer des crimes de guerre, rappelant à toutes les parties leurs obligations au regard du droit international humanitaire et demandant instamment aux autorités centrafricaines de prendre toutes les mesures possibles pour garantir que les auteurs de ces actes seront arrêtés et traduits en justice,

Se félicitant à cet égard des efforts déployés par la MINUSCA pour protéger les civils et combattre les groupes armés, notamment de la réussite de l’opération « MBARANGA » lancée en janvier 2018 à Paoua, et des autres opérations en cours dans le pays,

Accueillant avec satisfaction l’engagement pris par le Secrétaire général d’appliquer rigoureusement sa politique de tolérance zéro à l’égard de l’exploitation et des atteintes sexuelles, prenant note des différentes mesures prises par la MINUSCA et les pays fournisseurs de contingents et de personnel de police pour combattre l’exploitation et les atteintes sexuelles, grâce auxquelles le nombre de cas signalés a diminué, se déclarant toutefois toujours gravement préoccupé par les nombreuses allégations d’exploitation et d’atteintes sexuelles imputées à des soldats de la paix en République centrafricaine ainsi qu’à des forces non onusiennes, soulignant qu’il importe au plus haut point que les pays qui fournissent des contingents ou du personnel de police ainsi que la MINUSCA, selon le cas, ouvrent sans tarder des enquêtes sur ces allégations de façon crédible et transparente et fassent en sorte que les auteurs de telles infractions pénales ou de fautes répondent de leurs actes, et soulignant également qu’il faut prévenir l’exploitation et les atteintes sexuelles et améliorer les mesures prises pour donner suite aux allégations, conformément à la résolution 2272 (2016),

Prenant note de la présentation du rapport sur l’amélioration de la sécurité des Casques bleus des Nations Unies, qui souligne le lien existant entre la s슩reté et la sécurité des soldats de la paix et la performance des contingents, et considérant que les pertes en vies humaines peuvent être le résultat de déficiences dans la formation, le matériel et la performance,

Estimant que l’instauration d’une culture de la performance dans les opérations de maintien de la paix des Nations Unies favorisera une meilleure exécution des mandats et permettra de renforcer la s슩reté et la sécurité des soldats de la paix, et accueillant avec satisfaction les travaux déjà entrepris par le Secrétariat pour mettre en place un dispositif de gestion de la performance complet et intégré qui permette d’évaluer les résultats après collecte et analyse des données,

Saluant l’initiative prise par le Secrétaire général de mener des enquêtes spéciales sur les questions de performance, et engageant le Secrétaire général à lui rendre compte des conclusions de ces enquêtes et des mesures collectives prises pour renforcer les opérations de maintien de la paix,

Constatant une fois de plus avec inquiétude que la MINUSCA ne dispose toujours pas de certaines capacités essentielles, insistant sur la nécessité de combler les besoins, en particulier dans le domaine des hélicoptères militaires, et soulignant à cet égard qu’il importe au plus haut point d’améliorer l’appui logistique pour garantir la sécurité et la s슩reté du personnel de la MINUSCA,

Soulignant qu’il faut exécuter le mandat de la MINUSCA sur la base d’une priorisation des tâches et, le cas échéant, par étapes,

Prenant acte du rapport du Secrétaire général en date du 15 octobre 2018 (S/2018/922), qui se fonde sur les conclusions et les recommandations formulées à l’issue de l’examen stratégique indépendant de la MINUSCA effectué entre juin et septembre 2018,

Constatant que la situation en République centrafricaine continue de menacer la paix et la sécurité internationales dans la région,

Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies,

Processus politique

  1. Réaffirme son soutien au Président Faustin-Archange Touadéra dans les efforts qu’il déploie pour pérenniser la paix et la stabilité en République centrafricaine et exhorte les autorités centrafricaines à prendre, sans délai, toutes les mesures nécessaires pour entretenir un dialogue inclusif avec les groupes armés et promouvoir, à titre de plus hautes priorités, la réconciliation nationale, l’extension de l’autorité de l’État, la réforme du secteur de la sécurité, les activités de désarmement, de démobilisation et de réintégration et la lutte contre l’impunité;

  2. Réaffirme également son soutien à l’Initiative africaine pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine (Initiative africaine) et à sa feuille de route qu’ont adoptée lors de la conférence ministérielle tenue à Libreville le 17 juillet 2017 les autorités centrafricaines, l’Union africaine, la Communauté économique des États de l’Afrique centrale et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs avec l’appui de l’Angola, du Congo, du Gabon et du Tchad, réaffirme que l’Initiative africaine et sa feuille de route constituent le seul cadre pour parvenir à une solution politique globale en République centrafricaine, comme les autorités centrafricaines en sont convenues et sous leur direction, et appelle toutes les parties à soutenir l’Initiative africaine dans sa mise en œuvre du processus de paix;

  3. Salue les progrès faits par le Panel des facilitateurs de l’Initiative africaine, souligne qu’il importe au plus haut point que les autorités centrafricaines et les groupes armés continuent d’entretenir un dialogue ambitieux et inclusif, associant tous les secteurs de la société et favorisant la participation pleine et entière des femmes, en vue de parvenir sans délai à un accord politique global, et encourage le Président Faustin-Archange Touadéra à faire en sorte que le pays renforce et approfondisse sa prise en main du processus de paix;

  4. Se félicite que, le 27 septembre 2018, en marge de la soixante-treizième session de l’Assemblée générale des Nations Unies, se soit tenue une réunion ministérielle de haut niveau sur la République centrafricaine, coprésidée par la République centrafricaine, l’Union africaine et la Communauté économique des États de l’Afrique centrale, réaffirme qu’il faut mieux coordonner tous les efforts et initiatives menées sous la direction de l’Union africaine à l’appui de l’Initiative africaine pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine, se félicite à cet égard que l’Organisation des Nations Unies et l’Union africaine aient l’intention de nommer un Envoyé spécial conjoint chargé d’appuyer le processus de paix et de mobiliser, à l’échelle régionale, une participation et un appui durables et cohérents au processus, en collaboration étroite avec tous les partenaires de la République centrafricaine, selon que de besoin et sans porter atteinte aux mandats de la MINUSCA et du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale, se félicite également que la MINUSCA ait été invitée à jouer un plus grand rôle politique dans l’Initiative africaine et qu’il ait été décidé de faire du Représentant spécial du Secrétaire général un membre à part entière du Panel des facilitateurs, et demande à nouveau aux États Membres représentés dans le Panel d’accroître leur appui financier à l’Initiative africaine et aux partenaires internationaux de continuer d’apporter l’appui financier voulu au processus politique;

  5. Souligne l’importance du rôle et de l’engagement à haut niveau de l’Union africaine, de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale, de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs et des États voisins faisant partie du Panel des facilitateurs de l’Initiative africaine pour la promotion d’une paix et d’une stabilité durables en République centrafricaine, et demande à tous ces acteurs de mieux se coordonner et d’intensifier leurs efforts pour les prochaines étapes de la mise en œuvre de la feuille de route de Libreville;

  6. Se félicite que, le 11 avril 2018, se soit tenue à Bangui la première réunion du Groupe international de soutien à la République centrafricaine, coprésidée par l’Union africaine, la Communauté économique des États de l’Afrique centrale et l’Organisation des Nations Unies, dans le but de promouvoir un engagement cohérent et durable en faveur des efforts de stabilisation et de relèvement en République centrafricaine et, à cet égard, demande que les commissions mixtes bilatérales associant la République centrafricaine et le Cameroun, le Soudan ou le Tchad reprennent leurs travaux en vue de remédier aux problèmes transfrontaliers, notamment la violence dans les couloirs de transhumance et le trafic transnational;

  7. Exhorte toutes les milices et tous les groupes armés dans tout le pays à déposer les armes, à mettre fin aux violences et activités déstabilisatrices sous toutes leurs formes, y compris les attaques contre les soldats de la paix et les travailleurs humanitaires, les incitations à la haine et à la violence et les restrictions apportées à la liberté de circulation des personnes, et à libérer immédiatement, définitivement et sans condition les enfants qui se trouvent dans leurs rangs, et exhorte tous les acteurs politiques et institutionnels en République centrafricaine à condamner fermement et à combattre de tels actes;

  8. Exige de nouveau de toutes les milices et de tous les groupes armés qu’ils participent dans un esprit constructif et de bonne foi au processus politique;

  9. Rappelle que les personnes et entités qui compromettent la paix et la stabilité en République centrafricaine pourraient faire l’objet de mesures ciblées en vertu de la résolution 2399 (2018);

  10. Exhorte les autorités centrafricaines à mener d’urgence une véritable entreprise de réconciliation dans le pays, ouverte à toutes et tous, notamment en luttant contre la marginalisation des civils de certaines communautés, en s’attachant à résoudre les questions d’identité nationale et en répondant aux revendications locales de toutes les composantes de la société sur l’ensemble du territoire de la République centrafricaine, y compris au moyen de politiques nationales de développement économique et de recrutement dans la fonction publique, pour promouvoir les initiatives de réconciliation aux niveaux régional, national, préfectoral et local, notamment dans le cadre d’élections locales;

  11. Rappelle que la société civile joue un rôle crucial dans le processus de paix et de réconciliation et que cette participation doit être d슩ment promue par les autorités centrafricaines pour faire en sorte que l’accord politique global s’attaque aux causes profondes du conflit, et encourage la participation pleine et entière des femmes à ce processus;

  12. Invite les autorités centrafricaines à faire en sorte que la loi et les politiques nationales protègent d슩ment les droits de l’homme des personnes déplacées, y compris la liberté de mouvement, et permettent l’adoption de solutions durables en faveur des personnes déplacées et des populations réfugiées, y compris le retour chez elles, librement consenti et durable, en toute sécurité et dans la dignité, l’intégration sur place ou la réinstallation;

  13. Souligne qu’il importe de respecter la Constitution pour garantir la stabilisation et le développement à long terme de la République centrafricaine;

  14. Encourage les États Membres à présenter au Comité créé par le paragraphe 57 de la résolution 2127 (2013) des demandes d’inscription sur la liste des sanctions, contenant des éléments de preuve détaillés à l’appui de chaque demande, concernant des personnes et entités participant ou fournissant un appui à des actes qui compromettent la paix, la stabilité et la sécurité de la République centrafricaine, notamment des actes qui menacent ou entravent le processus politique ou l’entreprise de stabilisation et réconciliation, ou qui alimentent la violence;

  15. Demande aux partenaires internationaux d’aider les autorités centrafricaines à renforcer les capacités institutionnelles et opérationnelles de la police nationale, de la gendarmerie et des autorités douanières pour leur permettre de surveiller efficacement les frontières et les points d’entrée, notamment afin de soutenir l’application des mesures renouvelées et modifiées par le paragraphe 1 de la résolution 2399 (2018) et le désarmement et le rapatriement des membres de groupes armés étrangers;

  16. Rappelle le bon déroulement des activités préalables au désarmement, à la démobilisation et à la réintégration et des programmes de réduction de la violence communautaire, se félicite que le projet pilote de désarmement, de démobilisation et de réintégration ait été mené à son terme et qu’il ait permis l’intégration d’ex-éléments de groupes armés dans les Forces armées centrafricaines, et prie instamment les autorités centrafricaines de lutter contre la présence et l’activité des groupes armés en République centrafricaine en ayant recours à une stratégie globale qui privilégie le dialogue et l’application rapide d’un programme de désarmement, démobilisation et réintégration inclusif et efficace, tenant compte des disparités entre les sexes et assorti d’un volet rapatriement pour les combattants étrangers, y compris les enfants précédemment associés à des forces et groupes armés, sans méconnaître l’impératif de lutter contre l’impunité, et qui sera mise en œuvre parallèlement à la réforme du secteur de la sécurité, laquelle garantit l’encadrement civil des forces de défense et de sécurité nationales, avec l’aide de la communauté internationale;

  17. Demande aux autorités centrafricaines d’appliquer la politique nationale de sécurité et la stratégie nationale pour la réforme du secteur de la sécurité, notamment avec l’appui de la communauté internationale, afin de se doter de forces de défense nationale et de sécurité intérieure professionnelles, ethniquement représentatives et régionalement équilibrées, formées et équipées de façon appropriée, en tenant compte de la nécessité de recruter des femmes, notamment grâce à l’adoption et l’application de procédures appropriées de vérification préalable, en particulier du respect des droits de l’homme, pour tout le personnel de défense et de sécurité, ainsi que de mesures permettant d’intégrer des éléments des groupes armés qui répondent à des critères rigoureux de sélection et de vérification préalable, et prie le Secrétaire général de lui rendre compte des progrès enregistrés à cet égard dans ses rapports périodiques;

  18. Rappelle que le Document d’orientation 2017-2019 pour le redéploiement des forces armées centrafricaines a été finalisé, en coordination avec la MINUSCA et l’EUTM-RCA, sur la base du plan national de défense adopté en 2017, qui fixe les conditions du redéploiement progressif des unités des forces armées centrafricaines formées par l’EUTM-RCA, en coordination avec la MINUSCA, l’EUTM-RCA et d’autres partenaires internationaux compétents, afin de contribuer à l’extension de l’autorité de l’État et à la sécurité, se félicite de l’adoption en février 2018, par le Ministère de la défense et le Ministère de l’intérieur de la République centrafricaine, des modalités quinquennales communes pour le déploiement à la fois des forces de défense et des forces de sécurité intérieure, qui visent à assurer la complémentarité de leurs déploiements respectifs, et encourage les autorités centrafricaines à veiller à ce que le redéploiement des forces de défense et de sécurité intérieure s’inscrive dans la durée, ne compromette pas la stabilisation du pays, la sécurité des civils ou la recherche d’une solution politique et témoigne de la supervision, du commandement et du contrôle exercés par le Gouvernement centrafricain ainsi que de son appui budgétaire et les encourage à élaborer une stratégie complète de sécurité nationale qui s’inscrive dans le processus de paix;

  19. Demande aux autorités centrafricaines de prendre, sans délai et à titre prioritaire, des mesures concrètes visant à renforcer les institutions judiciaires aux niveaux national et local, dans le cadre de l’extension de l’autorité de l’État, et à lutter contre l’impunité, afin de contribuer à la stabilisation et à la réconciliation, notamment en rétablissant l’administration de l’appareil judiciaire, du système de justice pénale et du système pénitentiaire dans tout le pays, en démilitarisant les prisons, en remplaçant progressivement les forces armées centrafricaines grâce au recrutement dans la durée de personnel pénitentiaire civil, en établissant des mécanismes de justice transitionnelle fondés sur une approche centrée sur les victimes afin d’amener les auteurs de crimes passés à répondre de leurs actes et d’accorder des réparations aux victimes et en veillant à permettre à tous d’accéder à une justice impartiale et équitable;

  20. Se félicite à cet égard des mesures concrètes qui ont été prises en vue d’assurer la pleine opérationnalisation de la Cour pénale spéciale, notamment la tenue de sa session inaugurale le 22 octobre 2018, à l’occasion de laquelle ses enquêtes ont été officiellement lancées, ainsi que des mesures prises pour mettre en place la Commission vérité, justice, réparation et réconciliation, et invite la Cour pénale spéciale à poursuivre ses enquêtes;

  21. Demande aux autorités centrafricaines de continuer à s’employer à rétablir l’autorité effective de l’État sur l’ensemble du territoire, notamment en redéployant l’administration de l’État dans les provinces et en garantissant le versement sans retard des traitements des fonctionnaires et des forces de sécurité, l’objectif étant d’assurer une gouvernance stable, responsable, inclusive et transparente;

  22. Encourage les autorités centrafricaines, agissant avec le concours de la communauté internationale, en particulier avec les institutions financières internationales qui pilotent l’action internationale, et compte tenu des objectifs cruciaux de consolidation de la paix et d’édification de l’État, à continuer de renforcer les mécanismes de gestion des finances publiques et de responsabilité financière, en particulier le recouvrement des recettes fiscales, le contrôle des dépenses et les pratiques en matière de passation de marchés publics et d’attribution de concessions, en s’appuyant sur les données d’expérience internationales en la matière, d’une façon qui leur permette de faire face aux dépenses de fonctionnement de l’État, de mettre en œuvre des plans de relèvement rapide et de relancer l’économie, dans le sens de l’appropriation nationale et du respect de la souveraineté de la République centrafricaine;

  23. Engage les États Membres et les organisations internationales et régionales à verser les contributions annoncées à la Conférence internationale, tenue à Bruxelles le 17 novembre 2016, et à la Conférence sur la solidarité africaine, tenue à Addis-Abeba le 1er février 2017, pour faciliter la mise en œuvre des objectifs prioritaires du pays en matière de consolidation de la paix, énoncés dans le Plan national de relèvement et de consolidation de la paix (RCPCA) visant à fournir aux autorités centrafricaines un appui pour la conduite des réformes et le rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire, y compris des contributions pour le versement des salaires et autres dépenses nécessaires, en plus de l’appui fourni à la réforme du secteur de la sécurité et des programmes de désarmement, démobilisation et réintégration et, le cas échéant, de rapatriement et à la remise en état de l’appareil judiciaire et du système de justice pénale, y compris la Cour pénale spéciale et, à cet égard, encourage les autorités centrafricaines à accélérer la mise en œuvre effective du RCPCA et les partenaires concernés à appuyer les efforts du Gouvernement centrafricain par l’intermédiaire du secrétariat du Plan, afin d’accélérer l’élaboration et la mise en œuvre des projets de développement, plus particulièrement s’agissant des infrastructures qui nécessitent des investissements massifs, et grâce à la mise en place d’une stratégie coordonnée pour répondre aux besoins du pays à cet égard;

  24. Prend note de l’élaboration d’un cadre de responsabilité mutuelle entre les autorités centrafricaines et les partenaires internationaux, sous la direction du Gouvernement centrafricain, dans le but de renforcer la transparence et la responsabilité ainsi que la cohérence et l’appui durable des partenaires internationaux de la République centrafricaine en faveur des priorités nationales convenues;

  25. Souligne, à cet égard, que la Commission de consolidation de la paix joue un rôle précieux en apportant des conseils stratégiques, en portant à l’attention du Conseil de sécurité des observations et en favorisant une concertation, une coordination et une intégration accrues des efforts déployés à l’échelle internationale en matière de consolidation de la paix, prend acte du rôle actif joué par le Royaume du Maroc et encourage la poursuite de la coopération avec la Commission de consolidation de la paix et les autres organisations et institutions internationales compétentes en vue de répondre aux besoins de consolidation de la paix de la République centrafricaine à long terme;

Droits de l’homme, y compris la protection de l’enfance et les violences sexuelles commises en période de conflit

  1. Réaffirme qu’il est impératif de traduire en justice de toute urgence tous les responsables de violations du droit international humanitaire et des droits de l’homme et d’atteintes à ces droits, quel que soit leur statut ou leur appartenance politique, et que certains de ces actes peuvent être constitutifs de crimes au regard du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, dont la République centrafricaine est un État partie, et rappelle que le fait de se livrer à des actes d’incitation à la violence, en particulier à motivation ethnique ou religieuse, et ainsi de perpétrer ou d’appuyer des actes qui compromettent la paix, la stabilité et la sécurité en République centrafricaine pourrait constituer un fondement pour des désignations aux fins de sanctions conformément à la résolution 2399 (2018);

  2. Rappelle que la Procureure de la Cour pénale internationale a pris, le 24 septembre 2014, la décision d’ouvrir, comme suite à une demande des autorités nationales, une enquête sur les allégations de crimes commis depuis 2012, et que les autorités centrafricaines continuent d’apporter leur coopération à cet égard;

  3. Prend note à cet égard du rapport sur le projet répertoriant les violations graves du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire et les atteintes à ces droits commises sur le territoire de la République centrafricaine entre janvier 2003 et décembre 2015, et encourage les autorités centrafricaines à donner suite aux recommandations formulées à ce sujet;

  4. Prie instamment toutes les parties au conflit armé en République centrafricaine, y compris les éléments de l’ex-Séléka et les éléments anti-balaka, de mettre fin à toutes les violations et à tous les sévices commis contre des enfants en violation du droit international applicable, y compris le recrutement et l’utilisation d’enfants, les viols et violences sexuelles, les meurtres et les mutilations, les enlèvements et les attaques contre des écoles et des hôpitaux, et demande aux autorités centrafricaines d’ouvrir sans tarder des enquêtes sur les violations et sévices présumés afin d’amener les responsables de ces actes à en répondre, et de veiller à ce que les responsables de ces violations et sévices soient exclus du secteur de la sécurité;

  5. Exige de nouveau de toutes les parties qu’elles protègent et considèrent comme victimes les enfants libérés ou autrement séparés des forces et groupes armés, et souligne qu’il faut accorder une attention particulière à la protection, à la libération et à la réintégration de tous les enfants associés à des forces et groupes armés;

  6. Demande à toutes les parties au conflit armé en République centrafricaine, y compris les éléments de l’ex-Séléka et les éléments anti-balaka, de cesser toute violence sexuelle et sexiste, et demande aux autorités centrafricaines d’ouvrir sans tarder des enquêtes sur les violations présumées afin d’amener les responsables à en répondre, d’élaborer un cadre structuré et complet de lutte contre les violences sexuelles commises en période de conflit, conformément aux résolutions 1960 (2010) et 2106 (2013), de veiller à ce que les responsables de tels crimes soient exclus du secteur de la sécurité et fassent l’objet de poursuites et de permettre aux victimes de violences sexuelles d’accéder immédiatement aux services disponibles;

  7. Se félicite des travaux réalisés jusqu’à présent par l’Unité mixte d’intervention rapide et de répression des violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants (UMIRR) pour enregistrer les cas de violences sexuelles et les transférer aux autorités judiciaires, demande aux autorités centrafricaines et aux partenaires internationaux de fournir l’appui voulu à l’UMIRR, et appelle à ce que les auteurs présumés soient traduits rapidement en justice;

Opération de maintien de la paix

  1. Réaffirme son ferme soutien au Représentant spécial du Secrétaire général, Parfait Onanga-Anyanga;

  2. Décide de proroger le mandat de la MINUSCA jusqu’au 15 novembre 2019;

  3. Décide que l’effectif maximal autorisé de la MINUSCA est fixé à 11 650 militaires, dont 480 observateurs militaires et officiers d’état-major, et 2 080 policiers, dont 400 policier hors unités constituées et 1 680 membres d’unités de police constituées, ainsi que 108 agents de l’administration pénitentiaire, rappelle l’augmentation des effectifs de 900 militaires autorisée au paragraphe 32 de la résolution 2387 (2017) dans le but d’accroître la flexibilité et la mobilité de la MINUSCA pour lui permettre d’exécuter plus efficacement l’intégralité de son mandat, et, en particulier, la tâche de protection des civils énoncée au paragraphe 39 a), et rappelle qu’il compte garder ce chiffre en permanence sous examen;

  4. Décide que l’objectif stratégique de la MINUSCA est d’aider à créer les conditions politiques, sécuritaires et institutionnelles qui permettent de réduire durablement la présence de groupes armés et la menace qu’ils représentent en adoptant une approche globale et une position proactive et robuste, sans préjudice des principes fondamentaux du maintien de la paix;

  5. Rappelle que le mandat de la MINUSCA devrait être exécuté sur la base d’une priorisation des tâches énoncées aux paragraphes 39 à 41 de la présente résolution et, le cas échéant, par étapes, et prie en outre le Secrétaire général de refléter cette priorisation des tâches dans le déploiement de la mission et d’aligner les ressources budgétaires, tout en veillant à affecter des ressources suffisantes à l’exécution du mandat;

  6. Autorise la MINUSCA à user de tous les moyens nécessaires pour s’acquitter de son mandat dans les limites de ses capacités et de ses zones de déploiement;

  7. Décide que le mandat de la MINUSCA comportera les tâches prioritaires suivantes:

a) Protection des civils

i) Protéger, conformément à la déclaration de son président en date du 21 septembre 2018 (S/PRST/2018/18), la population civile qui se trouve sous la menace de violences physiques, sans préjudice de la responsabilité principale des autorités centrafricaines et des principes fondamentaux du maintien de la paix;

ii) Prendre des mesures actives, en appui aux autorités centrafricaines, pour anticiper, écarter et répondre efficacement à toute menace grave ou crédible à l’encontre de la population civile selon une approche globale, et à cet égard :

Améliorer son interaction avec la population civile, renforcer ses systèmes d’alerte rapide, redoubler d’efforts pour détecter et constater les violations du droit international humanitaire, les violations des droits de l’homme et les atteintes à ces droits, et continuer de renforcer la participation et l’autonomisation des communautés locales;

Maintenir un déploiement préventif et une présence mobile, flexible et robuste, et organiser des patrouilles actives, en particulier dans les zones à haut risque;

Atténuer les risques auxquels sont exposés les civils avant, pendant et après toute opération militaire ou opération de police, notamment celles lancées à l’appui des forces de sécurité nationales;

Collaborer avec les autorités centrafricaines pour recenser et signaler les menaces et les attaques dirigées contre des civils, mettre en œuvre les plans de prévention et d’intervention existants et renforcer la coopération civilo-militaire, y compris la planification conjointe;

iii) Accorder une protection particulière aux femmes et aux enfants touchés par le conflit armé, notamment en déployant des conseillers pour la protection de l’enfance, des conseillers pour la protection des femmes et des conseillers pour la problématique femmes-hommes;

iv) Mettre pleinement en œuvre sa nouvelle stratégie de protection des civils adoptée en avril 2018 et s’appuyer sur l’acquis de ses activités pour élaborer un programme complet de protection des civils associant les autorités nationales, l’équipe de pays des Nations Unies, les organismes humanitaires et de défense des droits de l’homme et les autres partenaires intéressés, en cohérence avec sa stratégie politique;

b) Bons offices et appui au processus de paix, y compris à la réconciliation nationale, à la cohésion sociale et à la justice transitionnelle

i) Renforcer son rôle dans le processus de paix dans le cadre de sa participation à l’Initiative africaine et de la participation du Représentant spécial du Secrétaire général au Panel des facilitateurs, sous plusieurs formes, notamment par l’assistance fonctionnelle et les services de médiation qu’elle fournit à l’Initiative en plus de l’appui technique et logistique et de l’appui en matière de sécurité, ainsi que par le renforcement de son rôle de rassembleur et de coordonnateur de l’appui international apporté à l’Initiative, y compris en œuvrant pour que le Groupe international de soutien à la République centrafricaine serve de cadre à l’appui international à l’Initiative africaine;

ii) Collaborer avec l’Initiative africaine pour veiller à ce que les politiques et les stratégies de sécurité de la Mission favorisent un processus de paix plus cohérent qui articule les efforts en faveur de la paix consentis aux niveaux local et national avec les efforts entrepris dans le désarmement, la démobilisation et la réinsertion, la réforme du secteur de la sécurité, la lutte contre l’impunité et le rétablissement de l’autorité de l’État, tout en veillant à ce que l’action de l’Initiative africaine soit guidée par l’évolution du climat politique, des conditions de sécurité, de la situation humanitaire et de la situation en matière de droits de l’homme et de protection;

iii) Accompagner les efforts des autorités centrafricaines, aux niveaux national et local, pour faire participer davantage les partis politiques, la société civile, les femmes, les jeunes et, dans la mesure du possible, les personnes déplacées et les réfugiés au processus de paix, en collaboration avec l’Initiative africaine;

iv) Offrir ses bons offices et ses conseils techniques à l’appui des efforts de lutte contre les causes profondes du conflit, en particulier pour faire avancer la réconciliation nationale, le règlement des conflits locaux ainsi que les préparatifs et la tenue d’élections transparentes et ouvertes à tous en tant que partie intégrante du processus politique, en coopération avec les organismes régionaux et locaux compétents et les chefs religieux, tout en assurant la participation pleine et effective des femmes, conformément au plan d’action de la République centrafricaine pour les femmes et la paix et la sécurité, et en s’appuyant sur le dispositif intégré d’information et d’analyse des organismes des Nations Unies présents dans le pays;

v) Appuyer les efforts déployés par les autorités centrafricaines pour traiter la justice transitionnelle dans le cadre du processus de paix et de réconciliation, lutter contre la marginalisation et répondre aux revendications locales, notamment par l’établissement d’un dialogue avec les groupes armés et les dirigeants de la société civile, y compris les femmes et les représentants des jeunes, et en aidant les autorités locales, nationales et préfectorales à promouvoir la confiance entre les communautés;

vi) Fournir une expertise technique au Gouvernement centrafricain dans sa collaboration avec les pays voisins, la Communauté économique des États de l’Afrique centrale et l’Union africaine, en consultation et en coordination avec le Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale, notamment en évaluant les possibilités de trouver des solutions aux problématiques d’intérêt commun et bilatéral en vue d’améliorer l’anticipation et la prévention des risques qui peuvent se poser pour la stabilité régionale;

vii) Recourir de façon plus proactive à une communication stratégique, notamment en utilisant des outils de communication pertinents, en particulier la radio, pour appuyer sa stratégie de protection des civils, en coordination avec les autorités centrafricaines, pour aider la population locale à mieux comprendre son mandat et ses activités, et pour instaurer des relations de confiance avec les citoyens de la République centrafricaine, les parties au conflit, les acteurs régionaux et d’autres acteurs internationaux et les partenaires sur le terrain;

c) Aide à la mise en place de conditions de s슩reté favorables à l’acheminement immédiat, complet, en toute sécurité et sans entrave de l’aide humanitaire

Resserrer la collaboration avec les acteurs humanitaires et aider à la mise en place des conditions de sécurité favorables à l’acheminement immédiat, complet, en toute sécurité et sans entrave, sous la direction de civils, de l’aide humanitaire, conformément aux principes de l’Organisation des Nations Unies régissant l’action humanitaire et aux dispositions pertinentes du droit international, et au retour librement consenti et durable, en toute sécurité et dans la dignité, des réfugiés et des personnes déplacées, à leur intégration sur place ou à leur réinstallation, en étroite coopération avec les acteurs humanitaires;

d) Protection du personnel et des biens des Nations Unies

Protéger le personnel, les installations, le matériel et les biens des Nations Unies et assurer la sécurité et la liberté de circulation du personnel des Nations Unies et du personnel associé;

  1. Autorise par ailleurs la MINUSCA à entreprendre les activités suivantes relevant de son mandat, sachant que ces tâches ainsi que celles énoncées au paragraphe 39 ci-dessus se renforcent mutuellement :

a) Appui à l’extension de l’autorité de l’État, au déploiement des forces de sécurité, et au maintien de l’intégrité territoriale

i) Continuer d’aider le Gouvernement centrafricain à mettre en œuvre sa stratégie d’extension de l’autorité de l’État, notamment en lui donnant des conseils sur la mise en place, sous sa supervision, de dispositifs de sécurité et arrangements d’ordre administratif provisoires qui soient acceptables pour la population grâce à des efforts séquencés selon des priorités identifiées et des zones géographiques ciblées, l’objectif étant de répartir clairement les tâches entre l’équipe de pays des Nations Unies et les partenaires pertinents de sorte que la MINUSCA s’attache aux priorités immédiates, à court et à moyen termes et confie les activités à long terme aux partenaires compétents, et continuer de faire rapport au Conseil de sécurité sur les critères de définition des tâches devant être transférées à l’équipe de pays des Nations Unies et aux partenaires;

ii) Appuyer un transfert progressif des responsabilités relatives à la sécurité des hauts responsables et des fonctions de garde statique des institutions nationales aux forces de sécurité centrafricaines, en coordination avec les autorités centrafricaines, et en tenant compte des risques sur le terrain;

iii) Promouvoir et soutenir l’extension rapide de l’autorité de l’État sur tout le territoire de la République centrafricaine, notamment en appuyant le déploiement d’agents de la police et de la gendarmerie nationales agréés et formés dans les zones prioritaires, notamment en faisant en sorte qu’ils partagent les mêmes locaux et en leur fournissant des conseils, un encadrement et un suivi, en coordination avec d’autres partenaires, dans le cadre du déploiement de l’administration territoriale et d’autres autorités chargées de l’état de droit, l’objectif étant de renforcer la présence de l’État dans ces zones prioritaires hors de Bangui;

iv) Renforcer l’appui technique et l’aide à la planification fournis aux unités des forces armées centrafricaines formées ou certifiées par l’EUTM-RCA et à un nombre limité de membres agréés et formés des forces de sécurité intérieure, pour qu’ils participent à des opérations conjointes avec elle, notamment des activités de planification conjointe et de coopération tactique, conformément à son mandat et à la politique de diligence voulue en matière de droits de l’homme en cas d’appui de l’ONU à des forces de sécurité non onusiennes, sans que cela n’exacerbe les risques pour la stabilisation du pays, les civils, le processus politique, les soldats de la paix et son impartialité; mener à bien ces tâches en réaffectant les ressources approuvées et examiner régulièrement l’appui technique et la planification eu égard aux objectifs intermédiaires énoncés dans la lettre que le Secrétaire général a adressée au Président du Conseil de sécurité le 15 mai 2018 (S/2018/463);

v) Fournir un appui logistique limité au redéploiement progressif d’un nombre limité d’unités des forces armées centrafricaines formées ou certifiées par l’EUTM-RCA et d’un nombre restreint de membres agréés et formés des forces de sécurité intérieure, avec qui elle prend part à des opérations conjointes, notamment des activités de planification conjointe et de coopération tactique, à l’appui des tâches qui lui sont actuellement confiées, entre autres la protection des civils et l’appui aux autorités nationales en matière de rétablissement et de maintien de la sécurité publique et de l’état de droit, conformément à son mandat et à la politique de diligence voulue en matière de droits de l’homme en cas d’appui de l’ONU à des forces de sécurité non onusiennes, sans que cela n’exacerbe les risques pour la stabilisation du pays, les civils, le processus politique, les soldats de la paix et son impartialité; mener à bien ces tâches en réaffectant les ressources approuvées et examiner l’appui logistique limité dans un an pour qu’il soit conforme aux objectifs intermédiaires énoncés dans la lettre que le Secrétaire général a adressée au Président du Conseil de sécurité le 15 mai 2018 (S/2018/463);

b) Réforme du secteur de la sécurité

i) Fournir des conseils stratégiques et techniques aux autorités centrafricaines pour mettre en œuvre la stratégie nationale de réforme du secteur de la sécurité, en étroite coordination avec l’EUTM-RCA et d’autres partenaires internationaux, dont la France, la Fédération de Russie et les États-Unis d’Amérique, l’objectif étant de veiller à la cohérence du processus de réforme, notamment par une répartition claire des responsabilités entre les forces armées centrafricaines, les forces de sécurité intérieure et d’autres corps en tenue, et par le contrôle démocratique à la fois des forces de défense et des forces de sécurité intérieure;

ii) Continuer d’aider les autorités centrafricaines à élaborer une méthode pour la vérification préalable des éléments des forces de défense et de sécurité (forces armées centrafricaines, police et gendarmerie) qui prévoie notamment la vérification préalable du respect des droits de l’homme, en particulier afin de faire en sorte que les auteurs de violations du droit international et du droit interne aient à en répondre, qu’il s’agisse de membres des forces de sécurité ou d’éléments des groupes armés démobilisés, au moment d’envisager leur intégration dans les institutions du secteur de la sécurité;

iii) Jouer un rôle de premier plan dans l’appui fourni aux autorités centrafricaines pour la mise en œuvre du plan national de développement et de renforcement des capacités des forces de sécurité intérieure, en particulier en ce qui concerne les structures de commandement et de contrôle et les mécanismes de supervision, et coordonner l’assistance internationale à cet égard;

iv) Aider le Gouvernement centrafricain à mettre au point un système d’incitation pour la formation des forces de police et de gendarmerie et pour la sélection, le recrutement, la vérification préalable et la formation de policiers et de gendarmes, avec l’appui de donateurs et de l’équipe de pays des Nations Unies, en tenant compte de la nécessité de recruter des femmes à tous les niveaux et dans le plein respect de la politique de diligence voulue en matière de droits de l’homme appliquée par l’ONU;

v) Coordonner la fourniture de l’assistance technique et les activités de formation entre les partenaires internationaux présents en République centrafricaine, en particulier avec l’EUTM RCA, afin d’assurer une répartition claire des tâches dans le domaine de la réforme du secteur de la sécurité, dans l’intérêt des forces armées centrafricaines et des forces de sécurité intérieure centrafricaines;

c) Désarmement, démobilisation, réintégration (DDR) et rapatriement (DDRR)

i) Aider les autorités centrafricaines à élaborer et à mettre en œuvre un programme inclusif et progressif pour le désarmement, la démobilisation et la réintégration (DDR) des membres des groupes armés et, dans le cas des combattants étrangers, pour leur rapatriement (DDRR), conformément aux principes de désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement et d’intégration dans les corps en uniforme, signé lors du Forum de Bangui, le 10 mai 2015, en accordant une attention particulière aux besoins des enfants associés aux forces et groupes armés et à la nécessité d’éviter de nouveaux enrôlements, notamment par la mise en œuvre du projet pilote et d’autres projets de DDRR, y compris des programmes axés sur l’égalité des sexes, avec pour objectif le désarmement, la démobilisation et la réintégration ainsi que, en coordination avec l’EUTM-RCA, l’équipe de pays des Nations Unies et d’autres partenaires compétents, l’intégration dans les forces de sécurité des éléments des groupes armés dont les antécédents ont été vérifiés et remplissant les conditions requises, pour encourager les groupes armés à continuer de participer au processus politique et en préparation du programme national de DDR;

ii) Aider les autorités centrafricaines et les organisations de la société civile concernées à élaborer et à mettre en œuvre des programmes de réduction de la violence communautaire, y compris des programmes axés sur l’égalité des sexes, à l’intention des membres des groupes armés, dont ceux qui ne sont pas admis à participer au programme national de désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement, en coopération avec les partenaires de développement et en collaboration avec les communautés d’accueil conformément aux priorités énoncées dans le Plan national de relèvement et de consolidation de la paix;

iii) Fournir une assistance technique aux autorités centrafricaines pour l’élaboration et l’exécution d’un plan national visant à intégrer dans les forces de défense et de sécurité les membres démobilisés des groupes armés qui remplissent les conditions requises, dans le droit fil du programme plus général de réforme du secteur de la sécurité et compte tenu de la nécessité de mettre en place des forces nationales de sécurité et de défense professionnelles, représentatives des différentes ethnies et équilibrées sur le plan géographique;

d) Promotion et protection des droits de la personne

i) Suivre la situation en ce qui concerne les violations du droit international humanitaire et les violations des droits de la personne commises sur l’ensemble du territoire de la République centrafricaine et atteintes à ces droits, en informer en temps voulu le Conseil de sécurité et le public et concourir aux enquêtes y relatives;

ii) Suivre la situation en ce qui concerne les violations et sévices commis contre des enfants et des femmes, notamment les viols et autres formes de violence sexuelle perpétrés en temps de conflit armé, veiller à les signaler et concourir aux enquêtes y relatives, en collaboration avec l’Unité mixte d’intervention rapide et de répression des violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants;

iii) Aider les autorités centrafricaines à protéger et promouvoir les droits de la personne et à prévenir les violations et les atteintes, et à renforcer les capacités des organisations de la société civile;

e) Action en faveur de la justice nationale et internationale, de la lutte contre l’impunité et de l’état de droit

i) Concourir à renforcer l’indépendance et les capacités du système judiciaire du pays, et à renforcer l’efficacité de ce système ainsi que l’efficacité et la responsabilité de l’appareil pénitentiaire;

ii) Concourir à renforcer les capacités de l’institution nationale de défense des droits de la personne, en coordonnant son action avec l’Experte indépendante chargée de surveiller la situation des droits de la personne, selon qu’il conviendra;

Mesures temporaires d’urgence:

iii) Adopter d’urgence et activement, sur demande formelle des autorités centrafricaines et dans les limites de ses capacités et de ses zones de déploiement, à titre exceptionnel et sans constituer de précédent ni remettre en cause les principes convenus régissant les opérations de maintien de la paix, dans des zones où les forces de sécurité nationales ne sont pas présentes ou ne sont pas opérationnelles, des mesures temporaires d’urgence de portée limitée, assorties de délais et compatibles avec les objectifs énoncés aux paragraphes 39 et 40 e), pour procéder à des arrestations et des mises en détention en vue de maintenir l’état de droit et l’ordre public fondamental et de lutter contre l’impunité;

iv) Accorder une attention particulière, dans le cadre de l’application des mesures temporaires d’urgence dans les conditions susmentionnées, aux personnes qui se livrent ou apportent un appui à des actes qui compromettent la paix, la stabilité ou la sécurité de la République centrafricaine, notamment des actes qui menacent ou entravent le processus politique, la stabilisation et la réconciliation, ou qui alimentent les violences;

Cour pénale spéciale:

v) Fournir une assistance technique aux autorités centrafricaines pour ce qui est d’identifier les responsables de crimes constituant des violations du droit international humanitaire et des violations des droits de la personne et des atteintes à ces droits commis sur l’ensemble du territoire de la République centrafricaine, de mener des enquêtes et d’engager des poursuites, afin que ces personnes puissent être traduites en justice, et d’aider à prévenir ces violations et atteintes;

vi) Appuyer et coordonner l’assistance internationale fournie à la justice et aux institutions pénitentiaires pour remettre sur pied le système de justice pénale, dans le cadre du rôle dévolu au Coordonnateur des Nations Unies pour les questions relatives à l’état de droit, d’une manière qui privilégie l’encadrement civil, l’impartialité et la protection des droits de la personne;

vii) Fournir une assistance technique aux autorités centrafricaines, en association avec d’autres partenaires internationaux, pour appuyer la mise en place de la Cour pénale spéciale, conformément aux lois et à la juridiction de la République centrafricaine et dans le respect des obligations de celle-ci en matière de droit international humanitaire et de droit international des droits de l’homme, afin de contribuer à l’extension de l’autorité de l’État;

viii) Apporter, en association avec d’autres partenaires internationaux, une assistance technique aux autorités centrafricaines et renforcer leurs capacités en vue de faciliter le bon fonctionnement de la Cour pénale spéciale, en particulier dans les domaines des enquêtes, des arrestations, de la détention, de l’analyse criminelle et scientifique, de la collecte et de la conservation d’éléments de preuve, du recrutement et de la sélection du personnel, de la gestion de la Cour, de la stratégie en matière de poursuites et de la constitution des dossiers, et de l’établissement d’un système d’assistance juridique, le cas échéant, ainsi que renforcer la sécurité des magistrats, notamment dans les locaux et durant les activités de la Cour, et prendre des mesures visant à assurer la protection des victimes et des témoins, dans le respect des obligations internationales de la République centrafricaine en matière de droits de la personne, notamment du droit à un procès équitable et à une procédure régulière;

ix) Faciliter la coordination et la mobilisation de l’appui bilatéral et multilatéral en faveur de la mise en place et du bon fonctionnement de la Cour pénale spéciale;

État de droit:

x) Appuyer et coordonner, avec l’appui de l’équipe de pays des Nations Unies, l’assistance internationale fournie pour renforcer les capacités et l’efficacité du système de justice pénale, ainsi que l’efficacité et la responsabilité de la police et du système pénitentiaire;

xi) Concourir, sans préjudice de la responsabilité première des autorités centrafricaines, au rétablissement et au maintien de la sécurité publique et de l’état de droit, notamment en arrêtant et en remettant aux autorités centrafricaines, conformément au droit international, les personnes responsables dans le pays de crimes constituant de graves violations des droits de la personne et des atteintes à ces droits et de graves violations du droit international humanitaire, y compris des actes de violence sexuelle en temps de conflit, afin qu’elles puissent être traduites en justice, et en coopérant avec les États de la région et avec la Cour pénale internationale dans les cas de crimes relevant de sa compétence, à la suite de la décision prise par la Procureure de la Cour pénale internationale, le 24 septembre 2014, d’ouvrir une enquête, comme suite à une demande des autorités nationales, sur les allégations de crimes commis depuis 2012;

  1. Autorise en outre la MINUSCA à mener les tâches supplémentaires ci-après:

a) Coordonner l’assistance internationale, comme il convient;

b) Assister le Comité créé par le paragraphe 57 de la résolution 2127 (2013) et le Groupe d’experts créé par la même résolution, notamment en leur communiquant les renseignements utiles à l’exécution de leur mandat;

c) Suivre l’application des mesures reconduites et modifiées par le paragraphe 1 de la résolution 2399 (2018), en coopération avec le Groupe d’experts créé par la résolution 2127 (2013), notamment en inspectant, si elle le juge nécessaire et le cas échéant sans préavis, tous armements et matériels connexes, où qu’ils se trouvent, et tenir les autorités informées des efforts déployés pour empêcher les groupes armés d’exploiter les ressources naturelles;

d) Aider le Groupe d’experts à collecter des informations attestant d’actes d’incitation à la violence, en particulier à motivation ethnique ou religieuse, qui compromettent la paix, la stabilité ou la sécurité en République centrafricaine, conformément au paragraphe 32 g) de la résolution 2399 (2018);

e) Veiller, avec tous les organismes compétents des Nations Unies, à la sécurité du Groupe d’experts, et lui accorder un accès sans entrave, en particulier aux personnes, aux documents et aux sites relevant du contrôle de la Mission et des organismes concernés, afin que le Groupe puisse s’acquitter de son mandat;

f) Aider les autorités centrafricaines, selon que de besoin et en prenant en considération les avantages comparatifs des autres partenaires pertinents, à achever l’élaboration d’une stratégie nationale de lutte contre l’exploitation illicite des ressources naturelles et les réseaux de trafiquants qui continuent de financer et d’approvisionner les groupes armés en République centrafricaine, en tenant compte, s’il y a lieu, des rapports du Groupe d’experts et des décisions issues du Processus de Kimberley, le but étant d’étendre l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire et ses ressources;

g) Fournir aux autorités étatiques compétentes des moyens de transport pour la conduite des inspections et des visites de contrôle dans les principaux sites et zones d’extraction s’il y a lieu et au cas par cas et, lorsque la situation le permet, afin de promouvoir et de soutenir l’extension rapide de l’autorité de l’État sur tout le territoire;

Efficacité de la MINUSCA

  1. Prie le Secrétaire général de déployer et d’affecter le personnel et les compétences disponibles au sein de la MINUSCA de façon à ce que les priorités définies aux paragraphes 39 à 41 de la présente résolution soient prises en compte, et d’adapter constamment ce déploiement en fonction des progrès accomplis dans la mise en œuvre du mandat;

  2. Encourage la MINUSCA à établir des cibles chiffrables qui permettront d’évaluer les progrès accomplis dans la réalisation de l’objectif stratégique défini au paragraphe 36 de la présente résolution;

  3. Rappelle qu’il importe que les actuels et futurs pays fournisseurs de contingents ou de personnel de police fournissent des contingents ou du personnel de police ayant les capacités, l’équipement et la formation préalable au déploiement nécessaires pour aider la MINUSCA à bien fonctionner et prie le Secrétaire général d’accélérer le recrutement de personnel qualifié justifiant des compétences, de l’instruction, de l’expérience et des connaissances linguistiques requises pour s’acquitter de manière adéquate et effective des tâches décrites aux paragraphes 39 à 41 de la présente résolution;

  4. Prie le Secrétaire général de prendre toutes les mesures possibles, notamment en usant pleinement des pouvoirs existants, et à sa discrétion, pour que la MINUSCA puisse atteindre sa pleine capacité opérationnelle et soit apte à s’acquitter de son mandat sur l’ensemble du territoire de la République centrafricaine, en s’attachant principalement aux domaines prioritaires, notamment en utilisant de nouvelles unités rapidement déployables, en mettant en place un mécanisme complet de gestion de la performance pour les responsables de contingents, en ajustant le nombre de bases et de camps et en renforçant ses effectifs, ses moyens de transport et ses capacités pour ce qui est d’obtenir rapidement des informations fiables et concrètes sur les menaces qui pèsent sur les civils et des outils analytiques permettant d’exploiter ces informations, tout en continuant d’améliorer la performance de la Mission, et rappelle à cet égard sa résolution 2436 (2018);

  5. Prend note avec satisfaction de la détermination dont font preuve les pays fournisseurs de contingents et d’effectifs de police dans l’exécution du mandat de la Mission dans des conditions difficiles et, à cet égard, souligne que les restrictions nationales non déclarées, le défaut de commandement et de contrôle efficaces, le refus d’obéir aux ordres, la défaillance des réactions aux attaques perpétrées contre des civils et l’insuffisance des équipements risquent de compromettre l’exécution efficace du mandat dont chacun partage la responsabilité et ne devraient pas être tolérés par le Secrétaire général;

  6. Note les progrès accomplis par tous les pays fournisseurs de contingents ou de personnel de police pour ce qui est de respecter les normes de l’Organisation des Nations Unies, et leur demande de mener à bien immédiatement l’achat et le déploiement de tout le matériel appartenant aux contingents requis, afin de se conformer aux normes des Nations Unies applicables aux contingents et aux unités de police;

  7. Prend note de l’enquête indépendante conduite par le général de brigade Amoussou pour améliorer les mesures prises par la Mission pour protéger les civils et encourage celle-ci à poursuivre l’application des recommandations qui y sont formulées;

  8. Prie le Secrétaire général d’appliquer une politique de tolérance zéro en cas de faute grave, d’exploitation et d’abus sexuels, de harcèlement sexuel, de fraude, de corruption, de trafic de ressources naturelles ou d’espèces sauvages, notamment en utilisant pleinement les pouvoirs actuels de son Représentant spécial pour faire en sorte que le personnel de la Mission réponde de ses actes et en mettant en place un dispositif efficace d’appui à la Mission;

  9. Rappelle la déclaration de sa présidence S/PRST/2015/22 et sa résolution 2272 (2016) et prie le Secrétaire général de prendre toutes les mesures qui s’imposent pour s’assurer que la MINUSCA respecte pleinement la politique de tolérance zéro de l’Organisation à l’égard de l’exploitation et des atteintes sexuelles et de veiller à ce que les antécédents de tous les membres du personnel de la Mission soient vérifiés afin de s’assurer qu’ils n’ont eu aucun comportement sexuel répréhensible pendant qu’ils étaient au service de l’Organisation et de le tenir informé des progrès réalisés par la Mission à cet égard dans les rapports qu’il lui fait, notamment en lui rendant compte de la date à laquelle ont débuté les examens prescrits dans la résolution 2272, des délais convenus et de leur résultat, et prie instamment les pays fournisseurs de contingents ou de personnel de police de prendre des mesures de prévention appropriées, notamment d’organiser une formation de sensibilisation avant le déploiement, et de faire en sorte que les membres de leurs contingents qui se rendraient coupables de tels actes aient à en répondre pleinement;

  10. Demande au Secrétariat de continuer d’étudier, selon que de besoin, la possibilité de recourir à des équipes de police spécialisées et au matériel spécialisé nécessaire pour renforcer et développer les capacités des forces de police et de gendarmerie et leur fournir un appui opérationnel;

  11. Demande à la MINUSCA de veiller à ce que tout appui fourni à des forces de sécurité non onusiennes soit strictement conforme à la politique de diligence voulue en matière de droits de l’homme, et prie le Secrétaire général de faire figurer dans les rapports qu’il lui adresse des informations sur tout appui de ce type;

  12. Souligne que, dans l’exécution de leurs mandats, la MINUSCA et la mission de formation de l’Union européenne en République centrafricaine doivent respecter pleinement la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’unité de la République centrafricaine ainsi que les dispositions applicables du droit international humanitaire, du droit international des droits de l’homme et du droit international des réfugiés, et rappelle l’importance de la formation à cet égard;

Questions d’ordre environnemental et ressources naturelles

  1. Prie la MINUSCA d’être sensible aux effets qu’ont sur l’environnement les activités qu’elle mène en exécution des tâches qui lui sont confiées, et de maîtriser ces effets, selon qu’il convient et conformément aux résolutions de l’Assemblée générale et règles et règlements applicables de l’Organisation;

  2. Demande à la République centrafricaine, aux États voisins et aux autres États membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs de coopérer au niveau régional pour ce qui est d’enquêter sur les réseaux criminels et les groupes armés impliqués dans l’exploitation illégale et la contrebande des ressources naturelles, notamment l’or et les diamants, et le braconnage et le trafic d’espèces sauvages, et de lutter contre ces réseaux et groupes;

Protection de l’enfance

  1. Prie la MINUSCA de tenir pleinement compte, dans tous les aspects de son mandat, de la question transversale que constitue la protection de l’enfance et d’aider les autorités centrafricaines à garantir que la protection des droits de l’enfant soit prise en compte, notamment dans les opérations de désarmement, démobilisation et réintégration et, le cas échéant, de rapatriement et dans la réforme du secteur de la sécurité, afin de mettre un terme aux violations et sévices commis contre des enfants, et de les prévenir;

Problématique femmes-hommes

  1. Prie la MINUSCA de tenir pleinement compte, dans tous les aspects de son mandat, de la question transversale que constitue la problématique femmes-hommes et d’aider les autorités centrafricaines à garantir la participation, la contribution et la représentation pleines et effectives des femmes dans tous les domaines et à tous les niveaux, y compris dans les activités de stabilisation, la justice transitionnelle, les travaux de la Cour pénale spéciale et de la Commission vérité, justice, réparation et réconciliation, la réforme du secteur de la sécurité, les opérations de désarmement, démobilisation et réintégration et, le cas échéant, de rapatriement, les préparatifs des élections de 2020 et 2021, ainsi que dans le dialogue politique national, notamment en mettant à disposition des conseillers et conseillères pour la problématique femmes-hommes, et prie en outre la MINUSCA de lui présenter des rapports détaillés sur cette question, et encourage le Secrétariat de l’ONU, en collaboration avec les États Membres, à recruter plus de femmes dans les composantes militaire et civile de la Mission et dans sa composante de police, dans le plein respect du principe d’une répartition géographique équitable, conformément au paragraphe 3 de l’Article 101 de la Charte des Nations Unies;

Gestion des armes et des munitions

  1. Prie la MINUSCA de saisir, confisquer et détruire activement, selon qu’il conviendra, les armes et les munitions des groupes armés, y compris de toutes les milices et autres groupes armés non étatiques, qui refusent de déposer les armes ou qui ne l’ont pas encore fait, et quand ils représentent une menace imminente pour les civils ou la stabilité de l’État

  2. Prie également la MINUSCA de saisir et de rassembler les armes et tout matériel connexe dont le transfert en République centrafricaine constitue une violation des mesures imposées par le paragraphe 1 de la résolution 2399 (2018), et d’enregistrer et de détruire ces armes et matériel connexe comme il convient;

  3. Prie en outre la MINUSCA de fournir une assistance technique aux autorités centrafricaines pour la mise en place opérationnelle de la commission nationale sur les armes légères et de petit calibre en vue de promouvoir le désarmement de la population civile et de lutter contre la prolifération illicite des armes légères et de petit calibre;

  4. Prie la MINUSCA de détruire, le cas échéant, les armes et les munitions des combattants désarmés dans le cadre de son action visant à saisir et collecter les armes et le matériel connexe dont la fourniture, la vente ou le transfert constituent une violation des mesures imposées par le paragraphe 1 de la résolution 2399 (2018);

  5. Prie les autorités centrafricaines et les partenaires internationaux et les entités des Nations Unies compétentes, agissant en coordination avec la MINUSCA, y compris le Service de la lutte antimines de l’ONU, de s’attaquer au transfert illicite, à l’accumulation déstabilisatrice et au détournement d’armes légères et de petit calibre en République centrafricaine, et d’assurer de façon s슩re et efficace la gestion, l’entreposage et la sécurité des stocks d’armes légères et de petit calibre, ainsi que la collecte ou la destruction des stocks excédentaires et des armes et munitions saisies, non marquées ou détenues illicitement, et souligne à quel point il importe d’intégrer ces éléments à la réforme du secteur de la sécurité et aux programmes de désarmement, démobilisation et réintégration, et, le cas échéant, de rapatriement;

  6. Engage les autorités centrafricaines à appliquer la Convention de l’Afrique centrale pour le contrôle des armes légères et de petit calibre, de leurs munitions et de toutes pièces et composantes pouvant servir à leur fabrication, réparation et assemblage, signée à Kinshasa le 30 avril 2010;

Liberté de mouvement de la MINUSCA

  1. Exhorte toutes les parties en République centrafricaine à coopérer pleinement avec la MINUSCA dans le cadre de son déploiement et de ses activités, notamment en assurant sa s슩reté, sa sécurité et sa liberté de mouvement, avec accès immédiat et sans entrave à tout le territoire de la République centrafricaine, pour lui permettre de s’acquitter de l’intégralité de son mandat dans un environnement complexe, notamment en contribuant à faire en sorte que les autorités centrafricaines respectent et appliquent pleinement et effectivement l’accord avec le pays hôte (accord sur le statut des forces);

  2. Demande aux États Membres, en particulier à ceux de la région, de garantir la libre circulation, sans entrave ni retard, à destination et en provenance de la République centrafricaine, de l’ensemble du personnel, du matériel, des vivres, des fournitures et autres biens, y compris des véhicules et des pièces détachées, destinés à l’usage exclusif et officiel de la MINUSCA;

Accès humanitaire

  1. Enjoint à toutes les parties d’autoriser et de faciliter l’acheminement rapide, en toute sécurité et sans entrave, de l’intégralité de l’aide humanitaire destinée aux personnes qui en ont besoin, en particulier aux personnes déplacées, sur l’ensemble du territoire de la République centrafricaine, dans le respect des principes directeurs des Nations Unies régissant l’aide humanitaire et des dispositions pertinentes du droit international;

  2. Enjoint également à toutes les parties de garantir le respect et la protection de l’ensemble du personnel médical et des agents humanitaires dont l’activité est d’ordre exclusivement médical, de leurs moyens de transport et de leur matériel, ainsi que des hôpitaux et des autres installations médicales;

Appel humanitaire

  1. Demande aux États Membres et aux organisations internationales et régionales de répondre rapidement à l’appel humanitaire révisé en augmentant leurs contributions et en s’assurant que tous les engagements pris sont pleinement honorés dans les délais prescrits;

Appui à la MINUSCA

  1. Autorise les forces armées françaises, dans le cadre de l’accord bilatéral existant avec la République centrafricaine et dans les limites de leurs capacités et zones de déploiement, à la demande du Secrétaire général, à utiliser tous les moyens pour fournir un appui opérationnel aux éléments de la MINUSCA qui se trouveraient gravement menacés, à compter de la date d’adoption de la présente résolution, et prie la France de veiller à le tenir informé de l’exécution de ce mandat et de coordonner ses rapports avec ceux du Secrétaire général dont il est question au paragraphe 71 de la présente résolution;

Examens et présentation de rapports

  1. Prie le Secrétaire général d’examiner de façon régulière les conditions requises pour la transition, la réduction et le retrait de l’opération des Nations Unies, d’une manière qui ne porte pas préjudice à l’ensemble des efforts déployés à l’appui des objectifs à long terme de paix et de stabilité, et attend avec intérêt de recevoir des informations à ce sujet dans le cadre des rapports qu’il lui présente régulièrement;

  2. Prie le Secrétaire général de le tenir régulièrement informé de la situation en République centrafricaine et de l’exécution du mandat de la MINUSCA, de lui rendre compte, le 15 février 2019, et tous les quatre mois à partir de cette date, et de lui faire, dans les rapports qu’il lui soumettra, des mises à jour et des recommandations sur la mise en œuvre dynamique des tâches prescrites à la MINUSCA, notamment en fournissant les données financières appropriées, des informations sur la situation en matière de sécurité, les questions politiques prioritaires définies plus haut relatives au processus politique et les progrès accomplis concernant les mécanismes et les moyens de promouvoir la gouvernance et la gestion budgétaire, des renseignements utiles sur l’évolution de la situation des droits de la personne et du droit international humanitaire, et sur la promotion, la protection et les violations de ces droits, le bilan des effectifs militaires et de police, de la constitution de la force et de la police et du déploiement de tous les éléments constitutifs de la Mission, des informations sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre des mesures prises pour améliorer les prestations de la MINUSCA, y compris celles qui visent à assurer l’efficacité de la force, comme indiqué aux paragraphes 42 et 44 à 51;

  3. Décide de rester activement saisi de la question.

Déclarations

M. FRANÇOIS DELATTRE (France) a indiqué qu’il était indispensable que le Conseil de sécurité réitère son soutien à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) et aux autorités centrafricaines. Lors des négociations de ce texte, mon pays a œuvré afin de parvenir à un équilibre des plus fins entre les différentes positions, a-t-il dit, en ne faisant pas mystère des divergences qui se sont fait jour. « Nous devons mettre les intérêts du peuple centrafricain au-dessus de nos intérêts nationaux », a-t-il déclaré. Il a également dénoncé toute initiative visant à remettre en cause l’action du Conseil.

La résolution maintient le format et le mandat robuste de la Mission, laquelle opère dans un environnement difficile, a poursuivi le délégué de la France. Maintenant que la Mission est pleinement opérationnelle, celle-ci devra se montrer efficace, a-t-il dit, en demandant en outre que les cas d’atteintes sexuelles ne restent pas impunis. Le texte renforce l’appui de la MINUSCA au processus politique dans le pays, ainsi qu’aux efforts du Gouvernement pour rétablir, par le biais d’un soutien logistique limité de la Mission, l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire. « Le soutien au peuple centrafricain guide l’action de la France », a-t-il conclu.

M. STEF BLOK, Ministre des affaires étrangères des Pays-Bas, a salué le renforcement du mandat de la MINUSCA s’agissant de la protection des civils et de l’appui au processus politique dans le pays. Il s’est, en outre, félicité de l’appui logistique limité que fournira la Mission aux Forces armées centrafricaines. Le Ministre a enfin regretté que le texte n’ait pas été adopté à l’unanimité.

M. JONATHAN R. COHEN (États-Unis) a indiqué avoir voté en faveur du renouvellement du mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA). Sans unité totale, transparence et coordination entre les acteurs clefs, y compris l’Union européenne (UE), a estimé le représentant, il ne sera pas possible de trouver une solution durable en République centrafricaine.

Le représentant s’est dit préoccupé par le regain des violences dans le pays et par les déplacements de militaires dans certaines zones sans concertation préalable avec les Nations Unies. Il a insisté sur la nécessité d’agir dans la transparence et la coordination avec le Gouvernement du pays. « Ce n’est pas une compétition », a-t-il ajouté. « Il faut aider un des pays les plus pauvres au monde et il n’y a pas de place pour la jalousie. » Par ailleurs, s’agissant des références à la Cour pénale internationale (CPI) dans le texte de la résolution, le représentant a rappelé la politique annoncée par la Maison Blanche sur la question, le 10 décembre dernier, à savoir que les États-Unis s’opposent au principe de se voir imposer des obligations relatives à la CPI, alors qu’ils n’y ont pas adhéré.

M. VASSILY A. NEBENZIA (Fédération de Russie) a indiqué que son pays n’avait pas été en mesure d’approuver le prolongement du mandat de la MINUSCA, non pas parce qu’il s’y oppose, mais à cause de « la façon orgueilleuse » dont se sont déroulés les travaux sur le texte, notamment dans leur phase finale. Aux yeux du représentant, les auteurs du texte continuent ainsi de « jouer un double jeu en Afrique », contrairement à la Russie, et à traiter certains États du continent comme leur « précarré ».

Le représentant a indiqué que son pays avait proposé, dans le cadre des négociations du texte, de renforcer la transparence dans la coopération des partenaires internationaux à Bangui. Mais nous avons été confrontés au refus de travailler dans un climat de « respect mutuel » au Conseil, a-t-il déploré. Nos conclusions ont été ignorées et on a donné la priorité aux porte-plumes et aux projets nationaux des alliés des auteurs de la résolution, a affirmé le représentant. À ses yeux, il n’y a pas eu de véritable effort pour tenter d’atteindre un consensus, et les compromis qui ont été proposés n’en étaient pas véritablement. « Pour vous, le maximum de compromis n’est même pas le minimum pour nous », a-t-il martelé, dénonçant la « logique du à prendre ou à laisser » et l’absence de culture de travail en commun au Conseil.

M. Nebenzia a encore estimé que les auteurs du document ont refusé de prendre en compte les préoccupations russes, notamment les préoccupations politiques. Dans le même temps, le délégué a considéré que la France n’avait pas proposé « d’arguments pondérés et convaincants », alors même que le pays s’opposait catégoriquement aux libellés russes. Le représentant a déclaré que cette situation lui rappelait l’année 2015, lorsque la France a rejeté les accords de Nairobi entre groupes d’opposition, sous prétexte que ces derniers ne correspondaient pas aux accords conclus précédemment. Il a pris bonne note de la promesse de la délégation française de refléter l’importance de la Déclaration de Khartoum dans les prochains textes. Nous veillerons à ce que la France respecte son engagement, a-t-il dit.

Le représentant s’est en outre élevé contre le renvoi, au dernier moment, d’une cargaison d’armement russe à destination de la République centrafricaine, au prétexte que les conditions adéquates pour le stockage de ces armements n’étaient pas réunies. En revanche, a-t-il noté, quand il s’agit de la livraison d’arsenaux français, on a pu trouver de quoi recevoir et stocker les armes. « S’agit-il à nouveau d’une politique du deux poids, deux mesures »? s’est interrogé le représentant. « Encore une fois, on va accuser sur la BBC ou sur Internet la Russie, voire également la Chine, de semer le désordre en Afrique », a-t-il ajouté. « Ces accusations devraient plutôt être s’adressées envers les États-Unis », a conclu le représentant.

Mme JOANNA WRONECKA (Pologne) a regretté l’absence de consensus autour du projet de résolution et exhorté le Conseil à parvenir à une position constructive sur ce dossier. Le Conseil doit rester uni et appuyer les aspirations du peuple centrafricain, a-t-elle dit.

M. OLOF SKOOG (Suède) a rappelé les principaux éléments de la résolution, en particulier le renforcement de l’appui de la MINUSCA au processus politique dans le pays. « Le mandat de la Mission n’a pas été adopté par consensus mais nous savons que tous les membres du Conseil s’uniront pour appuyer le peuple centrafricain », a assuré le délégué de la Suède.

M. KACOU HOUADJA LEON ADOM (Côte d’Ivoire), également au nom de la Guinée équatoriale et de l’Éthiopie, a déclaré que « nos trois pays, les A 3 » regrettent que le report d’un mois de l’adoption de ce texte n’ait pas permis d’aboutir au consensus. « Seul l’intérêt de la République centrafricaine et de son peuple doit guider nos discussions », a-t-il dit. Le délégué a par ailleurs noté le soutien du Conseil exprimé dans la résolution à l’Initiative africaine et à sa feuille de route pour parvenir à une solution politique globale en République centrafricaine. Enfin, le délégué a encouragé le Gouvernement centrafricain à coopérer avec la MINUSCA en vue d’une sortie de crise.

M. MA ZHAOXU (Chine) a souligné la nécessité que les intérêts des parties centrafricaines soient pleinement pris en compte par la délégation porte-plume. C’est pourquoi la Chine s’est abstenue lors du vote, a déclaré le délégué.

Mme AMBROISINE KPONGO (République centrafricaine) a souligné la gravité de la situation sur le terrain pendant que « tergiversent » les Nations Unies en général et le Conseil de sécurité en particulier. Elle est revenue sur la présentation du rapport du Secrétaire général sur la situation dans son pays, le 23 octobre dernier, qui a souligné la fragilité de la situation, en raison des affrontements entre les groupes armés, en particulier ex-Séléka et anti-balaka. « Malgré les appels à l’endroit des groupes armés pour qu’ils déposent les armes et s’engagent dans le processus de paix, ces derniers répondent par des démonstrations de force », a-t-elle déploré. Elle a, de plus, tenu à rappeler la pertinence du paragraphe 66 dudit rapport qui insiste sur la nécessité d’« exercer une pression militaire tangible, continue et adaptée aux circonstances afin d’empêcher que les groupes armés se renforcent ou s’étendent encore », précisant que c’était malheureusement le cas.

Dressant le bilan de la situation, la représentante a signalé que la persistance des conflits avait conduit plus d’un million de Centrafricains à quitter de force leur domicile ou par mesure de prévention, ajoutant que plus de la moitié des déplacés sont des enfants. « La République centrafricaine continue d’être enlisée dans un cycle de violence qui s’est répandu dans plusieurs parties du pays », a continué Mme Kpongo. « Les abus et les graves violations des droits humains continuent d’être perpétrés dans un contexte d’impunité. » Cela a généré des besoins humanitaires croissants, a-t-elle dit, faisant craindre une crise humanitaire. Selon elle, la crise est avant tout une « crise de protection » et demande l’engagement de toutes les parties en ce qui concerne la protection des civils.

Au regard de ce constat, Mme Kpongo a appelé au déploiement des Forces armées centrafricaines (FACA) de façon à atténuer « les ardeurs belliqueuses » des groupes armés dans les zones où elles sont implantées. Faisant le lien entre déploiement de ces Forces et la diminution des atteintes à la sécurité dans les villes de Bangui, Bangassou et Paoua, et dans plusieurs préfectures de l’ouest, elle a plaidé pour que le Conseil de sécurité autorise la MINUSCA à fournir un soutien logistique au redéploiement des FACA dans les garnisons reparties sur le territoire. « La présence des Forces armées centrafricaines munies de leurs outils de travail sur toute l’étendue du territoire est un gage de sécurité pour les populations civiles, une assurance pour les services décentralisés de l’État et un facteur important pouvant contribuer au développement économique et social du pays », a-t-elle insisté. Revenant sur le mandat de la MINUSCA, elle a expliqué qu’en plus de certaines tâches prioritaires, la nouvelle résolution lui conférait également d’autres tâches telles que l’appui au processus électoral, ainsi que l’appui à l’Initiative africaine, entre autres, ce qu’elle a salué. Elle a conclu en insistant sur l’importance de doter la MINUSCA des ressources nécessaires pour qu’elle s’acquitte convenablement de son nouveau mandat.

À l’intention des organes d’information • Document non officiel.

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United States of America: Promoting Refugee Integration in Challenging Times: The Potential of Two-Generation Strategies

Fri, 14 Dec 2018 00:35:05 +0000

Source: Migration Policy Institute
Country: United States of America, World

Report: Amid Extraordinary Pressure on Refugee Resettlement Program, Time Is Ripe to Rethink Ways to Improve Refugee Integration

WASHINGTON – The U.S. refugee resettlement program is facing an extraordinary set of pressures amid an unprecedented reduction in refugee admissions that has triggered drastic funding cuts for the non-governmental agencies that resettle refugees, hollowing out the network’s capacity. These challenges make this a particularly important time to consider how programs can most effectively serve the full spectrum of refugee integration needs.

Traditionally the resettlement system has concentrated on helping adult refugees find employment quickly, with this focus crowding out resources for their children or non-working family members. However, research and experience point to the benefits of adopting strategies that address the needs of the whole family, with strong and supportive families resulting in better outcomes for children.

Grounded in that knowledge, the Migration Policy Institute (MPI) today released a new study on how human service agencies could strengthen refugee integration by embracing a two-generation approach.

The report, Promoting Refugee Integration in Challenging Times: The Potential of Two-Generation Strategies, draws on interviews with resettlement agency staff and with state refugee coordinators from the 10 states that have received the largest number of refugees in recent years. The researchers also drew on site visits to six states and a May 2018 MPI convening that brought together state refugee coordinators from a dozen states with experts in two-generation models, early care and education, school-age refugees and refugee employment services. The report also provides an overview of refugee admissions to the United States, the U.S. refugee resettlement process and background on the use of two-generation strategies in human services provision beyond the refugee realm.

Drawing upon successful programs that are occurring at state and local levels, the researchers identify promising practices for serving children in refugee families and their parents, for helping adult refugees get into better jobs over time and for meeting the broader integration needs of refugee families. Among these:

  • Contextualized English as a Second Language (ESL) classes with a focus on child care. The Colorado state resettlement office has contracted with a non-profit to provide contextualized ESL classes targeted toward family, friends and neighbors who provide child care in the refugee community, and to provide entry into career paths for refugees interested in teaching. The goal is to embed teaching, parenting and child care in ESL, and to train people who were teachers in their countries of origin to be paraprofessionals in the United States.

  • Case management to identify and serve the needs of whole families. In Utah, all refugee families receive two years of case management, which is substantially more than is the case in most states. Case management services allow providers to identify family needs and add on services as needed, such as assistance with transportation, access to medical care, food assistance or access to microloans or other help starting a business. Families receive regular assessments to gauge their progress along a range of outcome measures.

  • Vocational skills training for working refugees. Massachusetts has allocated about $800,000 to refugee service providers that offer vocational skills trainings leading to recognized credentials in local industries where demand for jobs is high. These employment providers offer trainings in health (medical interpretation and certified nurse assistant) in partnerships with community health organizations and training institutions; hospitality, including food service, in collaboration with hotels; and security, working with the Transportation Security Administration and private security trainers.

The report also offers a series of recommendations for ways the federal government, state leadership and state refugee coordinators, and voluntary agencies can implement and support two-generation approaches to refugee integration.

“Even in challenging times, there are steps that the federal government, states and voluntary resettlement organizations can take to advance successful refugee integration efforts,” said MPI Senior Fellow Mark Greenberg, the study’s lead co-author and a former acting assistant secretary at the U.S. Department of Health and Human Services.

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The Migration Policy Institute (MPI) is an independent, non-partisan, non-profit think tank in Washington, DC dedicated to analysis of the movement of people worldwide. MPI provides analysis, development and evaluation of migration and refugee policies at local, national and international levels.

Media Contact

Michelle Mittelstadt
202-266-1910
mmittelstadt@migrationpolicy.org

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Serbia: ‘A window to the rest of the world’

Fri, 14 Dec 2018 00:21:08 +0000

Source: SOS Children's Villages International
Country: Serbia, World

SOS computer centres offer refugees in Serbia the opportunity to learn, develop their skills and connect to their families

On a recent day at the Obrenovac refugee centre, Zalmai* was queuing up to use one of the computers provided by SOS Children’s Villages.

The young man goes online routinely to talk with his parents in Afghanistan and to read the news from home. Also important for Zalmai, along with many of the other visitors to the SOS Children’s Villages Information Communication Technology (ICT) corner, are the lessons in computer skills that are available.

“I like learning the basics of computers because I knew nothing about them before,” says Zalmai, 18, one of the estimated 1,000 men who live at the refugee centre located on the south-west edge of Belgrade.

SOS Children’s Villages Serbia operates ICT corners at three other refugee centre in the north of the country - Adaševci, Kikinda, and Principovac. As Zalmai’s experience shows, these corners offer a way to stay in touch with loved ones and learn a skill.

“The ICT corners are like a window to the rest of the world,” says Vesna Mraković-Jokanović, the National Director of SOS Children’s Villages Serbia. “The children stay connected to their families and give people who are in a new place, with a new language, a connection to something familiar. Technology provides a universal language, especially for the younger generation, which is very important when you are dealing with so many languages.”

The ICT corners “are not there just so people can play games or surf social networks,” Ms Mraković-Jokanović adds. “In the 21st century if you do not have this kind of literacy, you will have a harder time finding a job or moving on in education. We provide computer training, workshops and other educational support so young people learn a skill and are better prepared for independent life.”

More about our emergency response in Serbia

SOS Children’s Villages Serbia has helped nearly 125,000 children, young people and parents since the start of its refugee emergency response in August 2015.

We work in four refugee centres in northern Serbia - Adaševci, Kikinda, Obrenovac and Principovac - providing regular support for around 900 children, young people and adults. We work with partners to ensure the care and protection of children and support for families. Key services include:

  • Child Friendly Spaces (CFSs) offering educational and recreational activities, homework support, language lessons as well as psychological and emotional care for younger children
  • Child protection officers working to prevent neglect, abuse and exploitation. They also help those who have experienced such events to recover
  • Information and Communications Technology (ICT) and Youth Corners outfitted with computers and tablets where users can contact their loved ones and friends, plus learn computer and programming skills. The Youth Corners also offer educational, vocational and recreational activities for older children
  • Providing health, nutritional and early child development support through Mother and Baby Corners, where mothers can receive support and feed their babies in a quiet and protected space
  • Training and capacity building for government agencies in the areas of donations for playground, smaller reconstructions, IT equipment, supplies, materials, and hygiene items

SOS Children’s Villages Serbia works with international and local partners, as well as the government, to ensure comprehensive support to children and their families.

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World: Harnessing Trade Law to Support Refugees and Host Countries

Fri, 14 Dec 2018 00:15:10 +0000

Source: Centre for International Governance Innovation
Country: Jordan, Syrian Arab Republic, World

The World Trade Organization estimates that more than 65 million people globally are refugees or displaced persons. Beyond the human dimensions of this tragedy, destination and transit countries face enormous financial and social costs in sheltering these people. The global community’s response has mostly been short-term aid, insufficient to support durable solutions.

One notable proposal for providing longer-term support for host and transit countries and their refugee communities is to harness trade relief measures that could provide economically viable solutions.

The most direct and potentially least complicated measure would entail reducing import duties on selected goods produced by refugee/migrant communities in host countries, which would generate employment for displaced persons and revenues for their host countries. Nonetheless, this idea entails considerable challenges in the execution.

This paper examines trade law aspects of such measures, taking into account the General Agreement on Tariffs and Trade (GATT) 1994/WTO Agreement, and considering the 2016 EU-Jordan Agreement as a potential model.

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TY - ELEC T1 - ReliefWeb - Updates ID - 1228011 PB - Relief News Updates UR - https://relief.unboundmedicine.com/relief/view/Relief News Updates/1228011/all/ReliefWeb___Updates ER -